La génétique peut-elle contribuer à réduire l'odeur de verrat dans la viande de porc ? Des chercheurs canadiens mènent l'enquête

L'odeur de verrat — cette odeur ou ce goût désagréable qui peut se manifester dans la viande de porc provenant de porcs mâles non castrés — constitue une réelle préoccupation tant pour les producteurs que pour les consommateurs. La castration est depuis longtemps la solution privilégiée, mais les préoccupations liées au bien-être animal poussent l'industrie à trouver des alternatives. Des chercheurs du Centre canadien pour l’amélioration des porcs, du Centre de développement du porc du Québec et de l’Université de Guelph ont cherché à déterminer si la sélection de verrats présentant des marqueurs génétiques favorables pouvait réduire l’odeur de verrat chez leur progéniture. Ils ont mené trois essais commerciaux au Québec et au Manitoba, en suivant plus de 1 600 porcs du sevrage à l’abattage. La progéniture des verrats à faible potentiel d'odeurs présentait des taux légèrement inférieurs d'androsténone et de scatole (les deux composés à l'origine de l'odeur de verrat), mais les différences étaient minimes et rarement statistiquement significatives. Cette recherche constitue une première étape prometteuse vers l'utilisation de la sélection génomique dans le cadre d'une stratégie pratique de réduction de l'odeur de verrat à la ferme — même si la génétique seule ne sera probablement pas la solution.

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Laurence MAIGNEL (CCSI), Frédéric FORTIN (CDPQ), Patrick GAGNON (CDPQ), Mohsen JAFARIKIA (CCSI), James SQUIRES (UoG), Brian SULLIVAN (CCSI)
https://www.journees-recherche-porcine.com/texte/2018/genetique/g02.pdf

De meilleurs outils pour comparer des porcs à des poids différents

Les porcs canadiens sont de plus en plus lourds. Le poids moyen des carcasses est passé de 86 kg en 1999 à plus de 103 kg en 2019. Cela pose un défi : comment comparer équitablement des animaux mesurés à des poids et des âges très différents? Des chercheurs du Centre canadien pour l'amélioration des porcs (CCAP) et du Centre de développement du porc du Québec ont travaillé avec près de 2 000 porcs de race pure (Duroc, Yorkshire et Landrace) dans le cadre de 13 essais en ferme. Ils ont mesuré le poids, l'épaisseur de lard, la profondeur du muscle et le gras intramusculaire à répétition, de 30 à 160 kg. L'équipe a testé plusieurs modèles mathématiques pour prédire les mesures d'un porc à un poids standardisé. Un modèle de croissance en courbe (l'équation de Gompertz) a surpassé les anciennes méthodes linéaires, surtout pour les animaux plus lourds. Les chercheurs ont également proposé une approche d'apprentissage automatique qui s'améliore au fil du temps, à mesure que la base de données s'enrichit.

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Patrick GAGNON (CDPQ), Laurence MAIGNEL (CCSI), Pius MWANSA (CCSI), Brian SULLIVAN (CCSI)
https://www.journees-recherche-porcine.com/texte/2021/genetique/g03.pdf

Des tests sanguins pour sélectionner des porcs plus résistants aux maladies?

Maintenir les porcs en bonne santé est l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les producteurs de porcs canadiens. Les chercheurs souhaitaient savoir si de simples analyses sanguines pouvaient aider à identifier les lignées de porcs naturellement plus résistantes aux maladies. Une équipe du Centre canadien pour l’amélioration des porcs (CCAP) a prélevé des échantillons sanguins sur 893 porcs de races Yorkshire, Landrace et Duroc issus de 13 troupeaux à travers le Canada. Elle a mesuré la numération globulaire et les réponses du système immunitaire afin de déterminer si ces caractéristiques variaient d’une race à l’autre et pouvaient être transmises à la progéniture. Des différences significatives ont été mises en évidence entre les races et, surtout, bon nombre de ces caractéristiques sanguines semblent être héréditaires, ce qui signifie qu'elles peuvent être influencées par la sélection génétique. C'est une nouvelle prometteuse pour les producteurs. Si la résistance aux maladies peut être mesurée par des analyses sanguines et sélectionnée, cela pourrait se traduire, à terme, par des troupeaux de porcs en meilleure santé et plus résistants, réduisant ainsi les maladies et la mortalité dans les exploitations. Les chercheurs prévoient de donner suite à ces résultats en les recoupant avec des données réelles sur la mortalité et les performances en élevage.

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Stefanie WYSS (CCSI), Laurence MAIGNEL (CCSI), Frédéric FORTIN (CDPQ), Dan HURNIK (AVC), Michel PHIPPS (Metadis), Saba SIDDIQI (Metadis), Caroline BILLARD (Metadis), Brian SULLIVAN (CCSI)
https://www.journees-recherche-porcine.com/texte/2010/gene/PG3.pdf

Une viande plus persillée est possible — grâce à la génétique et à l'alimentation

Les producteurs canadiens savent que le persillage (le gras qui parcourt la viande) rend la viande de porc plus tendre et plus savoureuse. Mais comment l'augmenter de manière fiable ? Des chercheurs du CCSI et du CDPQ ont étudié 6 000 porcs Duroc à travers le Canada pour le découvrir. Ils ont testé deux approches : la sélection de verrats présentant un fort potentiel génétique en matière de persillage, et l'utilisation d'un régime alimentaire spécial à faible teneur en lysine, conçu pour favoriser le développement de gras dans la longe. Les deux stratégies ont fonctionné. L'alimentation spéciale a sensiblement amélioré le persillage de la longe, bien qu'elle ait également augmenté le gras dorsal et légèrement ralenti la croissance. La sélection de verrats à fort persillage a augmenté le persillage sans aucun effet négatif sur la croissance ou la qualité de la carcasse. Les meilleurs résultats ont été obtenus en combinant les deux stratégies. La viande de porc provenant de porcs issus de verrats à potentiel élevé pour le persillage et nourris avec le régime spécial a obtenu les meilleurs scores en matière de tendreté et de qualité gustative globale lors des évaluations par un panel de dégustation. Pour les producteurs qui visent les marchés de la viande de porc haut de gamme, cette recherche montre que l'association d'une génétique spécifique et d'une alimentation ciblée constitue une voie possible vers une meilleure qualité gustative.

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Laurence Maignel (CCSI), Jean-Paul Daigle (CDPQ), Stefanie Wyss (CCSI), Frédéric Fortin (CDPQ), Brian Sullivan (CCSI)
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/sites/default/files/2026-03/2013CMSAIMFposter%20%283%29.pdf

Des anomalies génétiques cachées pourraient coûter des millions aux producteurs de porc canadiens

Certains verrats semblent en parfaite santé et produisent même un sperme de bonne qualité — mais leurs portées révèlent une tout autre réalité. Des chercheurs ont voulu déterminer la fréquence des anomalies chromosomiques cachées (des erreurs dans le code génétique du porc) au sein des troupeaux porcins canadiens, ainsi que leur coût pour les éleveurs. Une équipe de l’Université de Guelph a testé 732 jeunes verrats provenant de plusieurs fermes porcines canadiennes. Ils ont analysé les chromosomes de chaque verrat en laboratoire afin de détecter d'éventuelles erreurs structurelles. Près d'un verrat sur 60 (1,64 %) présentait une anomalie chromosomique. Les verrats affectés produisaient des portées comptant 4 à 46 % porcelets de moins que la moyenne du troupeau, ainsi qu'un nombre plus élevé de mort-nés et de porcelets momifiés. Comme le Canada ne dispose pas de dépistage chromosomique systématique, ces anomalies se propagent discrètement dans les troupeaux sans être détectées. Les chercheurs estiment que le coût annuel pour les producteurs canadiens pourrait atteindre 4,6 millions de dollars en perte de porcelets. Un dépistage chromosomique systématique des verrats avant leur entrée dans les programmes de reproduction — en particulier dans les centres d'insémination artificielle — pourrait prévenir ces pertes et préserver la productivité des troupeaux pour des générations.

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Anh Quach (UoG), Tamas Revay (UoG), Daniel Villagomez (UoG), Mariana P. Macedo (UoG), Alison Sullivan (UoG), Laurence Maignel (CCSI), Stefanie Wyss (CCSI), Brian Sullivan (CCSI), W. Allan King (UoG)
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5018939/

Le secret santé du porc : la recherche canadienne mise sur la carnosine

La viande de porc contient naturellement un composé appelé carnosine, une molécule associée au ralentissement du vieillissement et à la protection de l'organisme contre les maladies. Mais les porcs canadiens en produisent-ils autant qu'ils le pourraient ? Des chercheurs ont entrepris de le découvrir. Une équipe de scientifiques canadiens a étudié les taux de carnosine chez trois grandes races de porcs — Duroc, Landrace et Yorkshire — et a vérifié si l'ajout de bêta-alanine (un précurseur de la carnosine) à l'alimentation des porcs pouvait encore augmenter ces taux. Les porcs Duroc présentaient les taux de carnosine les plus élevés, et une teneur plus élevée en carnosine était associée à une meilleure couleur de la viande et à une moindre perte d'humidité — des signes d'une meilleure qualité de la viande de porc. La supplémentation en bêta-alanine n'a pas augmenté les taux de carnosine aux doses testées, mais elle a contribué à réduire l'oxydation, ce qui prolonge la durée de conservation. Pour les producteurs canadiens, cette recherche ouvre de réelles perspectives. La sélection de génétiques à forte teneur en carnosine — en particulier les lignées Duroc — pourrait améliorer à la fois la qualité de la viande et l'attrait du porc canadien sur le plan de la santé, tant sur le marché intérieur que sur les marchés d'exportation.


 

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C. Gariépy (AAC), M.F. Palin (AAC), C. Pomar (AAC), E. Goddard (UoA), B. Sullivan (CCSI), F. Fortin (CDPQ), M.A. Binnie (CPC), M. Young (CPI), L. Lahaye (Jefo)
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/sites/default/files/2026-03/Banff%20pork%202017_POSTER%20version%203janv2017.pdf

Les technologies intelligentes transforment la manière dont les éleveurs de porcs canadiens surveillent leurs troupeaux

Les élevages porcins et les abattoirs canadiens s'agrandissent, mais le nombre de personnes qui les gèrent diminue. Les producteurs ont donc besoin d'outils plus intelligents pour surveiller la santé des animaux, leurs performances et la qualité des carcasses, sans pour autant allonger leur journée de travail. Une équipe de chercheurs canadiens a testé toute une gamme de nouvelles technologies dans des élevages, des stations de recherche et des abattoirs afin de déterminer lesquelles pouvaient réellement fonctionner dans la pratique. Dans les exploitations, ils ont examiné des abreuvoirs intelligents, des caméras infrarouges, des caméras de prédiction du poids et des trackers d’activité. Dans les usines, ils ont exploré la numérisation 3D des carcasses, les tests de qualité du gras et un trieur automatisé évaluant la fermeté du flanc. Plusieurs outils se sont révélés très prometteurs. Les abreuvoirs connectés peuvent signaler des problèmes de santé potentiels jusqu’à trois jours avant l’apparition de symptômes visibles. Les caméras infrarouges ont permis de suivre les variations de température corporelle liées au stress. Le scan 3D des carcasses a révélé un fort potentiel pour prédire le poids des découpes et le rendement en viande maigre de manière plus précise et plus fiable. Pour les éleveurs, ces technologies pourraient se traduire par une détection plus précoce des maladies, moins d'incertitudes au moment de l'expédition et de meilleurs rendements à l'abattoir. La prochaine étape majeure consiste à rendre ces outils plus faciles à utiliser et à connecter — car la collecte de données n'a de valeur que si les éleveurs peuvent agir rapidement en fonction de celles-ci.


 

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/sites/default/files/2026-03/SIP1237%20Final%20Report%2020180718%20%282%29.pdf

La technologie des ultrasons pourrait aider les éleveurs à harmoniser la qualité de la viande de porc entre les filets et les jambons

Les producteurs et les sélectionneurs savent que le persillage (le gras dans le muscle) augmente la valeur des longes. Mais trop de persillage dans les jambons peut réduire leur valeur pour les transformateurs. Comment alors sélectionner pour l'un sans nuire à l'autre? Des chercheurs du Centre Canadien pour l'Amélioration des Porcs (CCSI) et du Centre de développement du porc du Québec (CDPQ) ont exploré si la technologie aux ultrasons, déjà utilisée pour mesurer le persillage dans la longe de porcs vivants, pouvait aussi prédire le persillage dans les muscles du jambon. Soixante porcs ont été scannés avant l'abattage, puis analysés en laboratoire. Les résultats sont prometteurs, avec des corrélations allant de 0,35 à 0,59 selon le muscle du jambon. Les chercheurs ont aussi observé un lien modéré entre le persillage de la longe et celui du jambon. Pour les producteurs canadiens, cela laisse entrevoir la possibilité de sélectionner des animaux avec un persillage élevé dans la longe sans nécessairement augmenter celui du jambon, protégeant ainsi la valeur des deux coupes. Des ajustements à la technologie seront toutefois nécessaires avant une utilisation à grande échelle.

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Laurence MAIGNEL (CCSI), Jean-Paul DAIGLE (CDPQ), Marie-Pierre FORTIER (CDPQ), Stefanie WYSS (CCSI), Brian SULLIVAN (CCSI)
https://www.journees-recherche-porcine.com/texte/2013/genetique/JRP-2013-geneti…

Vos distributeurs en savent plus que vous ne le pensez : exploiter les données des distributeurs pour comprendre le comportement social des porcs

Les porcs élevés en groupe établissent des hiérarchies sociales qui influencent la croissance et l'efficacité alimentaire du troupeau. Les animaux dominants dépensent souvent beaucoup d'énergie dans des interactions agressives, ce qui nuit à leur propre efficacité et stresse leurs congénères. Des chercheurs du Centre canadien pour l'amélioration des porcs, de l'Université Laval et du Centre de développement du porc du Québec ont analysé plus de 18 millions de visites aux mangeoires dans cinq élevages canadiens de porcs de race pure, en utilisant l'analyse de réseaux sociaux pour développer de nouveaux indicateurs de comportement agressif à partir des données des automates d'alimentation. Les porcs fréquemment impliqués dans des déplacements à la mangeoire affichaient une moins bonne croissance et une moins bonne efficacité alimentaire. Les parcs avec une hiérarchie sociale plus stable obtenaient de meilleures performances. Les caractères de comportement alimentaire et social présentaient une héritabilité modérée à élevée (7 à 59 %), ce qui indique qu'ils pourraient être améliorés par la sélection génétique. Vos automates d'alimentation captent peut-être déjà des dynamiques sociales nuisant aux performances de vos parcs. À l'avenir, ces résultats pourraient aider les sélectionneurs à choisir des animaux plus calmes et plus efficaces, réduisant ainsi l'agressivité, améliorant le bien-être animal et protégeant votre rentabilité.

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Laurence MAIGNEL (CCSI), Patrick GAGNON (CDPQ), Luis-Andrés GONZALEZ-GRACIA (Université Laval), Jamie AHLOY-DALLAIRE (Université Laval), Éric PAQUET (Université Laval)
https://www.journees-recherche-porcine.com/texte/2025/genetique/g06.pdf

Réduire les émissions de GES par l’alimentation animale

Réduire les émissions de GES en repensant l'alimentation
La production d'aliments représente plus de 50 % des émissions de GES en production porcine, ce qui en fait la priorité d'action.

Les chercheurs proposent deux approches : remplacer les céréales par des coproduits locaux et améliorer l'efficacité alimentaire pour réduire les pertes en protéines. Les deux réduisent aussi les émissions d'azote du lisier.

À retenir : Ces stratégies ciblent surtout les porcs en finition, qui génèrent 70 % des émissions, sans nuire aux performances.

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Laetitia Cloutier, Marie Pierre Létourneau Montminy, Léa Cappelaere
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/sites/default/files/2026-03/FICHE-CDPQ-AlimentationGES%20%281%29.pdf
Acknowledgement
Ce projet bénéficie d’un financement dans le cadre du Programme d’appui à la lutte contre les changements climatiques en agriculture (PALCCA) découlant du Plan d’action2013-2020 sur les changements climatiques.