La génétique du verrat influence la survie des porcelets

Perdre des porcelets — de la mise bas au marché — coûte cher et soulève des préoccupations en matière de bien-être. Des chercheurs de l'Université Dalhousie et du Centre canadien d'amélioration des porcs ont voulu savoir : le choix du verrat reproducteur influence-t-il la survie?

En analysant près de 10 000 portées de porcs Landrace canadiens, ils ont constaté que oui — la génétique du verrat a un effet sur la survie, quoique modeste. Les meilleurs verrats produisaient environ 3 à 4 porcelets vivants de plus par portée que les moins bons.

L'effet génétique est réel mais limité. La sélection génomique — utilisant des marqueurs ADN — pourrait offrir de plus grands gains. Pour les producteurs, cela rappelle que le choix du verrat compte bien au-delà de la croissance et du rendement en viande.

 

 

 

 

 

Image
CCSI
CCSI
Guoyu Hu, Mohsen Jafarikia, Laurence Maignel, Dan Tulpan, Graham Plastow, Justin Holl, Brian Sullivan, Younes Miar
https://academic.oup.com/jas/article/103/Supplement_3/347/8274323?login=false

Un langage commun pour mesurer la qualité du porc

Mesurer la qualité du porc n'est pas toujours simple. Les différents abattoirs et chercheurs utilisent des méthodes variées, ce qui complique la comparaison des résultats.

Ce guide rassemble plus de 40 méthodes standardisées pour évaluer les carcasses de porc canadiennes. Il couvre le poids de la carcasse, la taille de la longe, la couleur de la viande, le persillage, la fermeté et les pertes en eau — pour la longe, la cuisse et la poitrine.

Chaque méthode précise quoi mesurer, quand, avec quels outils et comment. Certaines méthodes sont objectives (chiffres et instruments), d'autres reposent sur une évaluation visuelle.

Pour les producteurs, cela signifie des données plus cohérentes dans toute la chaîne d'approvisionnement. De meilleures mesures mènent à de meilleures décisions de sélection génétique, de meilleurs retours des abattoirs et, ultimement, un porc de meilleure qualité pour les consommateurs.

Canada Porc International, CCSI, AAFC
File
/sites/default/files/2026-03/CCSI_Handbook_CMQS_EN.pdf

Une sélection génétique pour des porcs plus efficaces — sans compromettre la croissance

L'alimentation représente le plus grand coût dans l'élevage porcin, et améliorer l'efficacité alimentaire est donc une priorité. Des chercheurs ont étudié plus de 14 900 porcs Duroc canadiens pour comparer différentes façons de mesurer cette efficacité et comprendre leurs liens avec la croissance et les comportements alimentaires.

Les résultats sont clairs : sélectionner les porcs en fonction de la consommation alimentaire résiduelle (RFI) — une mesure de l'excès d'aliments consommé par rapport aux besoins de croissance — est un meilleur outil que le traditionnel indice de consommation (FCR). Améliorer le FCR peut involontairement favoriser l'accumulation de gras ou réduire le gain quotidien. Le RFI évite ces compromis indésirables.

Les programmes de sélection ciblant des animaux à faible RFI peuvent réduire vos coûts d'alimentation tout en maintenant la croissance et la qualité de la viande.

Image
CCSI
CCSI
Duy Ngoc Do, Dalhousie University, Mohsen Jafarikia, CCSI, Laurence Maignel, CCSI, Dan Tulpan, UoG, Deborah Adewole, UoS, Justin Holl, PIC, Brian Sullivan, CCSI, and Younes Miar, Dalhousie University
https://academic.oup.com/jas/advance-article/doi/10.1093/jas/skag023/8455737?lo…

La génétique pourrait-elle éliminer les odeurs de verrat — sans castration?

L'odeur de verrat dans la viande de certains mâles entiers freine leur élevage, même s'ils sont plus efficaces à l'engraissement. Des chercheurs ont voulu savoir si choisir des verrats avec de meilleures génétiques pourrait réduire ce problème dans leur descendance.

Près de 700 verrats Duroc ont été génotypés avec 103 marqueurs génétiques et divisés en groupes « faible odeur » et « forte odeur ». Plus de 1 600 porcs commerciaux ont ensuite été suivis dans trois essais au Québec et au Manitoba.

Les résultats vont dans le bon sens — les verrats à faible potentiel d'odeur ont produit une descendance légèrement moins affectée — mais les écarts étaient petits et rarement significatifs.

Pour les producteurs, cette recherche est prometteuse. La génétique seule ne suffit pas encore, mais combinée à de meilleurs marqueurs et de bonnes pratiques d'élevage, elle pourrait devenir une solution concrète et respectueuse du bien-être animal.

Image
CCSI
CCSI
L. Maignel, CCSI, F. Fortin, CDPQ, P. Gagnon, CDPQ, M. Jafarikia, CCSI, J. Squires, UoG, B. Sullivan, CCSI
File
/sites/default/files/2026-02/g02%20Maignel%20et%20al%20JRP2018%20FRENCH%20%281%29.pdf

Peut-on sélectionner des truies qui écrasent moins de porcelets? La recherche dit oui

Perdre des porcelets par écrasement est un vrai problème. Au Canada, la majorité des mortalités avant le sevrage sont causées par les truies. Des chercheurs ont voulu savoir : ce comportement est-il en partie génétique?

En analysant plus de 3 000 truies Yorkshire de trois fermes ontariennes, l'équipe a développé un outil pour classer les truies selon leur tendance à écraser leurs porcelets. L'héritabilité estimée est d'environ 7 %, similaire à la taille de portée. Les 10 % de truies les moins performantes ont écrasé environ 0,15 porcelet de plus par portée que les meilleures.

Pour les producteurs, cela signifie qu'une sélection génétique ciblée pourrait réduire graduellement l'écrasement — améliorant le bien-être animal et votre rentabilité, avec des économies potentielles de millions de dollars à l'échelle du Canada.

Image
CCSI
CCSI
Mohsen Jafarikia, CCSI, Zahra Karimi, UoG, Brent DeVries, AGC, Flavio Schenkel, UoG, Brian Sullivan, CCSI, Ray Lu, UoG
https://cdnsciencepub.com/doi/10.1139/cjas-2023-0091

Des moyens simples pour réduire les factures énergétiques des fermes

Les coûts énergétiques par porc ont presque doublé au cours de la dernière décennie, avec le chauffage, l'éclairage et la ventilation comme principaux responsables. La bonne nouvelle? Plusieurs solutions simples et abordables existent.

Passer à l'éclairage DEL peut réduire la consommation électrique de 75 à 80 % par rapport aux ampoules à incandescence, avec un investissement rentabilisé en un à deux ans. Pour le chauffage, les truies gestantes maintenues entre 8 et 13°C obtiennent des performances similaires à celles dans des bâtiments plus chauds, réduisant la consommation de gaz naturel jusqu'à 75 %. Des systèmes de ventilation mal calibrés et des abreuvoirs qui fuient ajoutent silencieusement des milliers de dollars en coûts inutiles chaque année.

Pour les producteurs, le message est clair : un entretien régulier, des consignes de température optimisées, des ventilateurs efficaces et un bâtiment plus étanche peuvent réduire considérablement votre facture énergétique sans nuire à la santé ni aux performances des porcs. Les options renouvelables comme les murs solaires et les systèmes géothermiques offrent également des économies à long terme qui méritent d'être explorées.

Image
Prairie Swine Centre
Prairie Swine Centre
Miranda Smit, Ph. D., Ken Engele, BSA, P.Ag, Bernardo Predicala, Ph. D.
https://www.prairieswine.com/wp-content/uploads/2023/11/Reducing-Energy-Costs-2…

Le prix de la moulée vous ronge? L'aide s'en vient

Demandez à un producteur s'il préfère économiser de l'argent ou sauver la planète. La réponse est simple : oui.

C'est pourquoi des chercheurs se sont lancés dans un projet visant à améliorer l'utilisation des éléments nutritifs des aliments consommés par les porcs en croissance-finition, et ainsi réduire les coûts d'alimentation et l'empreinte environnementale du secteur. Deux objectifs nobles, et deux préoccupations bien présentes dans le secteur porcin ces temps-ci. Comme l'alimentation représente encore de 65 à 70 % des dépenses de production, elle continue de gruger les profits des producteurs. C'est particulièrement vrai pour les porcs en croissance-finition, qui consomment environ 80 % de tous les aliments servis.

Réduire l'empreinte environnementale est aujourd'hui tout aussi important que réduire les coûts. À l'échelle mondiale, la demande en protéines animales devrait dépasser 400 millions de tonnes par année d'ici 2050, une hausse de 70 % par rapport à aujourd'hui, portée par la croissance de la population mondiale.

Dans ce contexte, il est essentiel que la production porcine soit durable, ce qui veut dire qu'elle doit rester verte.

S'attaquer aux GES, et vite

Comme les autres productions animales destinées à l'alimentation, le secteur porcin cherche constamment à améliorer sa conversion alimentaire tout en réduisant son empreinte environnementale, autrement dit à faire plus avec moins. Malgré des progrès constants, les systèmes de production font face à des défis : les émissions de gaz à effet de serre (GES), les mauvaises odeurs du lisier de porc et la gestion de grands volumes de lisier.

Quand le lisier de porc est épandu à la ferme, il peut entraîner une accumulation de minéraux dans le sol, notamment du phosphore (P), du cuivre (Cu) et du zinc (Zn). La contamination des sols par le cuivre et le zinc peut présenter des risques de résistance aux antimicrobiens et des dangers pour l'humain et l'écosystème, par diverses voies : ingestion directe ou contact avec un sol contaminé, consommation d'eau souterraine contaminée par des bactéries résistantes aux antimicrobiens, et réduction de la qualité des aliments et des superficies cultivables.

Quand le lisier devient un problème

L'effet des élevages porcins sur l'environnement a mené certains pays à adopter des lois limitant l'utilisation des déjections animales ou l'agrandissement ou l'implantation des élevages. Sentant l'urgence d'agir, les scientifiques se sont attaqués à l'une des principales sources des problèmes liés au lisier : la capacité limitée de l'intestin du porc à bien digérer les fibres alimentaires, d'où une mauvaise utilisation de ces fibres dans les rations porcines commerciales.

Cela s'explique en partie par le recours à des ingrédients riches en sous-produits agricoles peu coûteux. Parmi ceux-ci, on trouve le remoulage de blé (les particules de son, de germe et de farine qui restent après la mouture), le son de blé et les tourteaux, comme ceux de canola et de soya.

Les enzymes fibrolytiques commerciales existent depuis des années, mais leur stabilité et leur efficacité pour améliorer la digestion des fibres en alimentation porcine restent limitées. Elles avaient été mises au point à l'origine pour les biocarburants et des applications industrielles légères, et non conçues sur mesure pour le secteur de l'alimentation animale. À la recherche d'une meilleure solution, les chercheurs travaillent à de nouvelles enzymes fibrolytiques, afin de régler des problèmes d'empreinte environnementale qui tiennent en grande partie à la faible efficacité de digestion des fibres alimentaires naturelles.

Décomposer pour mieux digérer

Leurs efforts ont porté fruit : les scientifiques ont découvert une enzyme petite, unique et multifonctionnelle, très rare dans la nature. Pour y arriver, ils se sont concentrés sur la conception d'une nouvelle génération d'enzymes fibrolytiques faites sur mesure pour l'alimentation animale. Ils ont aussi étudié en profondeur la stabilité de ces nouvelles enzymes dans l'intestin du porc, afin d'en confirmer la viabilité au champ comme en bâtiment.

L'enzyme décompose les fibres alimentaires en petits produits finaux, plus faciles à digérer pour les porcs et leurs intestins capricieux. Ces « endocellulases processives, monomodulaires et multifonctionnelles » n'ont peut-être pas un nom accrocheur, mais leur potentiel, lui, attire l'attention du secteur porcin.

Comme elles sont adaptées et optimisées pour l'alimentation porcine, ces enzymes amélioreront des aspects clés des performances de croissance, dont la conversion alimentaire, et donc les marges bénéficiaires des producteurs. Elles favoriseront aussi une utilisation digestive plus efficace des éléments nutritifs de la ration, comme les fibres et les protéines, qui contiennent du carbone (C) et de l'azote (N). Elles réduiront du même coup la production et les émissions des principaux gaz à effet de serre, soit le méthane (CH4) et l'oxyde nitreux (N2O), qui se dégagent du lisier de porc.

Une fois commercialisées, ces enzymes pourraient améliorer considérablement l'efficacité de conversion alimentaire, les marges bénéficiaires et l'impact environnemental de la production porcine. Les chercheurs sont emballés par le potentiel de cette découverte, qui aiderait les producteurs à obtenir de meilleurs résultats tout en réduisant leurs coûts et leur empreinte environnementale.

Vu son caractère très novateur, le projet a réuni de nombreuses sources de soutien et de nombreux partenaires au cours de la dernière décennie, les travaux se déroulant principalement dans un laboratoire de l'Université de Guelph, en Ontario. Parmi les collaborateurs figurent Laurence Cheng, étudiant aux cycles supérieurs, et le Dr Weijun Wang, professeur associé, tous deux au Département des biosciences animales de l'Université de Guelph.

Les travaux de l'équipe ont également bénéficié de l'appui de programmes de recherche du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), du programme de grappes de Swine Innovation Porc (SIP) et du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario (OMAFRA).

La suite des choses

L'équipe cherche maintenant des partenaires industriels pour financer la poursuite de l'étude de cette enzyme fibrolytique par la recherche in vivo, c'est-à-dire des essais menés sur des porcs vivants. Pour que l'enzyme soit un jour offerte aux producteurs et à l'industrie, les scientifiques doivent en étudier l'efficacité et le fonctionnement chez le porc, de même que ses propriétés physiologiques. Ils espèrent ainsi réunir assez de données pour obtenir l'autorisation gouvernementale d'une utilisation commerciale.

Dans le secteur porcin, on reconnaît que l'innovation et la découverte sont essentielles à la rentabilité, à la compétitivité et à la durabilité. La percée réalisée dans ce projet montre bien à quel point la science et son engagement envers l'amélioration continue sont nécessaires. L'image n'est pas tout, mais réussir à réduire les coûts tout en protégeant l'environnement devrait impressionner autant les producteurs que les consommateurs, et donner une longueur d'avance aux producteurs de porcs canadiens.

Hands holding animal feed
  • Article tiré du projet de la Grappe porcine 3 : Réduire les coûts alimentaires et l'empreinte environnementale et améliorer la compétitivité mondiale de la production porcine canadienne

  • Responsable du projet : Dr Ming Fan (Université de Guelph)

Image
Swine Innovation Porc
Swine Innovation Porc

Choisir le bon système de logement en groupe : trouver la solution adaptée à votre ferme

Passer au logement en groupe soulève une grande question : quel système d'alimentation convient le mieux? Il n'y a pas de réponse unique, mais comprendre les compromis facilite la décision.

Les options peu coûteuses comme l'alimentation au sol et les loges courtes sont simples à gérer, mais entraînent plus de comportements agressifs, de compétition et de risques de suralimentation. L'alimentation électronique des truies (AET) coûte plus cher au départ, mais automatise la gestion quotidienne et permet une alimentation de précision. Les stalles à accès libre offrent un bon compromis — peu d'effort de gestion et alimentation individuelle — mais nécessitent le plus d'espace au sol et ont un coût plus élevé.

Pour les producteurs, le meilleur système dépend du budget, de la configuration du bâtiment et de la régie. Si la technologie n'est pas votre point fort, des systèmes plus simples peuvent tout de même bien fonctionner avec les bonnes pratiques de gestion de groupe.

Image
Prairie Swine Centre
Prairie Swine Centre
Ken Engele, BSA, agronome diplômé, Jennifer Brown, titulaire d'un doctorat, et Laura Eastwood, titulaire d'un doctorat
https://www.prairieswine.com/wp-content/uploads/2018/11/Group-Sow-Housing-Feedi…

Guide de l'alimentation de transition (creep feeding)

Le sevrage est stressant pour les porcelets, et de nombreux producteurs utilisent l'aliment d'allaitement — un aliment solide offert avant le sevrage — pour faciliter cette transition. Mais avec un coût pouvant atteindre 1 800 $ la tonne, est-ce vraiment rentable?

Les recherches donnent des résultats mitigés. Moins de 60 % des porcelets d'une portée consomment généralement l'aliment d'allaitement, et environ la moitié des études ne trouvent aucun bénéfice mesurable. Les gains les plus importants surviennent lorsque les porcelets sont sevrés à 28 jours ou plus, et lorsque l'aliment de transition ressemble beaucoup à la ration de pouponnière.

Quelques changements simples et peu coûteux peuvent faire une réelle différence : utilisez un distributeur rond avec trémie, prévoyez 5 à 8 espaces d'accès par portée, placez le distributeur près de la tête de la truie, et essayez des granulés plus gros (~12 mm). Ajouter de la corde ou de la toile de jute pour créer un « distributeur jouet » peut également améliorer la santé et les performances en post-sevrage.

En cas de sevrage à 21 jours, envisagez de ne pas acheter d'aliment d'allaitement spécialisé et offrez simplement votre ration de phase 1 de pouponnière dans les 3 à 7 derniers jours avant le sevrage.

Image
Prairie Swine Centre
Prairie Swine Centre
Miranda Smit, Ph.D., et Ken Engele, BSA, agronome
https://www.prairieswine.com/wp-content/uploads/2025/06/Creep-Feed-Handbook-202…

Les mycotoxines dans l'alimentation porcine : points clés

Lors des rencontres de producteurs membres du PSC en 2024, organisées en collaboration avec Zoetis et PIC, Dan Columbus, chercheur en nutrition au Prairie Swine Centre, a donné une présentation intitulée « Les mycotoxines dans l'alimentation porcine : points-clés ». Au cours de cette présentation, Dan a partagé des connaissances sur la prévalence des mycotoxines, leurs effets sur les porcs, les problèmes liés à l'échantillonnage des ingrédients pour détecter les mycotoxines, ainsi que les stratégies d'atténuation, notamment la séquestration, la détoxification, l'élimination physique, le tri des céréales, etc. Il a également présenté les résultats de deux essais de recherche qu'il a réalisés en administrant des mycotoxines à des porcs en finition et en croissance-finition.

Image
Prairie Swine Centre
Prairie Swine Centre
Dan Columbus, PhD
https://www.prairieswine.com/2024/05/07/2024-psc-producer-meeting-presentation-…