Adieu l'ancien, bonjour le fumier

Faites passer le mot : le fumier a un pouvoir. 

Grâce à la recherche, le secteur porcin est en constante évolution et trouve de nouvelles façons de résoudre divers problèmes. À titre d'exemple, les scientifiques étudient le potentiel du fumier pour améliorer la production, les profits et l'environnement. Comme il s'agit là de priorités pour Swine Innovation Porc (SIP), l'organisme a été heureux de financer le projet « Application scientifique de diverses formes de fumier porcin pour améliorer l'environnement et la durabilité de la production tout en maximisant l'efficacité de l'utilisation des nutriments et la rentabilité agricole ». Compte tenu des progrès réalisés jusqu'à présent, cet argent a été bien dépensé. 

« Le fumier porcin est une excellente source de nutriments essentiels à la production agricole, tout en permettant de réaliser des économies par rapport aux engrais synthétiques », explique le Dr Tiequan Zhang, chercheur principal à Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC). « L'azote (N) est l'un des nombreux nutriments essentiels contenus dans le fumier, sous forme minérale et organique. » 

Sous forme minérale, l'azote est facilement disponible pour les cultures l'année où il est utilisé. L'azote organique doit être décomposé en azote minéral avant d'être appliqué aux cultures, et une année d'épandage de fumier peut fournir aux cultures de l'azote pour plusieurs saisons de croissance. Cependant, afin de maximiser le rendement des cultures d'une manière durable sur le plan environnemental, les scientifiques doivent déterminer la valeur résiduelle de l'azote, un élément clé de cette étude.  Les valeurs résiduelles en matière de fertilisation font référence aux effets à long terme des pratiques de fertilisation sur la disponibilité des nutriments dans le sol. 

« Pour déterminer ces valeurs, nous avons mené des études en serre à partir de sols provenant de champs traités avec du fumier de porc liquide et solide pendant 19 ans. Nous avons ensuite comparé les résultats avec ceux obtenus sur des sols ayant reçu des engrais synthétiques pendant la même période. » 

Dans le cadre d'une rotation maïs-soja, du fumier ou des engrais synthétiques ont été épandus pendant la phase maïs de la rotation, les nutriments résiduels étant absorbés par le soja.  

« Dans ce cas, nous avons constaté que l'épandage à long terme de fumier de porc avait un impact significatif sur la croissance des cultures au cours d'une saison de croissance. En conséquence, les doses d'azote ajoutées sous forme d'engrais pourraient être considérablement réduites tout en conservant le même niveau de rendement, ce qui permettrait de réaliser des économies substantielles sur les coûts d'engrais. Cependant, il convient de noter que ces résultats sont préliminaires et ont été obtenus dans des conditions de serre. Ils doivent donc être validés et calibrés sur le terrain. » 

Par rapport aux engrais synthétiques, les sols recevant du fumier de porc présentaient une teneur en carbone organique plus élevée, une meilleure stabilité des agrégats et une meilleure santé. Ensemble, ces améliorations ont permis d'augmenter de 19 % le potentiel de rendement des cultures. 

« Nous avons été encouragés de constater que les pertes d'azote étaient moins importantes dans les sols fertilisés avec du lisier de porc que dans ceux fertilisés avec des engrais synthétiques. La réduction des pertes d'azote avec le lisier de porc était de 56 à 78 % pendant la saison non agricole. Ces pertes d'azote du sol se seraient produites dans l'air par dénitrification ou dans l'eau par lessivage. » 

La dénitrification est un processus microbien qui transforme les nitrates en gaz azotés. Ce processus élimine l'azote biodisponible et le renvoie dans l'atmosphère. Le lessivage des nitrates se produit lorsque l'excès d'eau transporte les nitrates à travers le sol vers les eaux souterraines, ce qui présente des risques potentiels pour la santé humaine. 

En remplaçant les engrais chimiques par du lisier de porc, l'industrie pourrait produire des avantages environnementaux significatifs grâce à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l'amélioration de la qualité de l'eau.  

Alors que les producteurs s'efforcent d'assurer leur viabilité financière dans un secteur hautement concurrentiel, ce projet est un excellent exemple de la manière dont les connaissances peuvent améliorer l'efficacité. Dans une industrie où les coûts ne cessent d'augmenter, les engrais représentent une dépense importante dans la production agricole, de sorte que les alternatives telles que le lisier de porc, qui promettent des économies, valent leur pesant d'or. 

« Pour améliorer les profits des producteurs agricoles, il est essentiel de maximiser les avantages du lisier de porc et des engrais chimiques. Grâce aux recommandations 4R, nous pouvons optimiser l'utilisation du lisier de porc et des engrais chimiques et mieux adapter les niveaux d'azote et de phosphore aux besoins des cultures. » 

Le cadre 4R Nutrient Stewardship est conçu pour améliorer la gestion des nutriments dans l'agriculture tout en tenant compte des facteurs économiques, environnementaux et sociaux. Les quatre principes sont : la bonne source, le bon dosage, le bon moment et le bon endroit. 

Ces recommandations jouent également un rôle essentiel pour l'environnement. En évitant la surfertilisation et en réduisant les pertes de nutriments dans l'air et dans l'eau, les agriculteurs peuvent réduire les dommages environnementaux et rendre leurs activités encore plus écologiques. 

Comme le montre cette étude, les avantages du lisier de porc comme alternative aux engrais synthétiques sont nombreux et variés. Bien sûr, pour que le changement se produise, les producteurs et l'industrie doivent être conscients du potentiel du lisier, c'est pourquoi les chercheurs s'efforcent de faire passer le message. Ce faisant, ils espèrent que davantage d'agriculteurs envisageront de renoncer aux engrais synthétiques au profit d'un lisier plus efficace, plus abordable et plus respectueux de l'environnement.  

« Dans le cadre de ce projet, nous continuons à déterminer le taux d'engrais économique maximal dans les sols qui ont déjà reçu du fumier porcin, ainsi que la valeur réelle de l'azote contenu dans le fumier porcin en tant qu'engrais pendant la saison d'application et à long terme. » 

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  • Article basé sur le projet Swine Cluster 4 : Application scientifique de diverses formes de fumier porcin pour améliorer l'environnement et la durabilité de la production

  • Responsable du projet : Tiequan Zhang, Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC)

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Swine Innovation Porc
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Une approche proactive en matière d'antibiotiques

Les porcs et les humains partagent une préoccupation commune : l'utilisation croissante des antibiotiques.

Peu importe comment on présente la situation, il y a un problème, car la résistance croissante à ces médicaments rend la lutte contre les maladies plus difficile. Pour les éleveurs, trouver d'autres moyens de lutter contre les agents pathogènes est essentiel pour protéger la santé de leur troupeau et maintenir la viabilité de leur entreprise. Pour les chercheurs, appuyer cette lutte impliquait de mettre au point une nouvelle approche alimentaire pour les porcelets nouveau-nés et sevrés, en s'attaquant à un problème courant chez ces animaux : la diarrhée causée par Salmonella.

Le sevrage est une période critique dans la vie des porcelets. Leur système immunitaire est encore en développement, et le changement d’alimentation ainsi que les autres stress associés au sevrage peuvent les rendre plus vulnérables aux maladies. À cela s'ajoute le changement de régime alimentaire, le passage du lait de la truie à une ration solide. Ce changement est radical et souvent perturbant pour les porcelets, car leur système digestif doit s’adapter rapidement à cette transition. À ce stade, les animaux sont particulièrement sensibles à la diarrhée, et Salmonella en est l'une des causes. Les porcs touchés souffrent souvent de déshydratation et d'anorexie, et certains porcs peuvent continuer à héberger et à excréter la bactérie pendant plusieurs mois après leur rétablissement, ce qui présente un risque pour les autres animaux et peut avoir des répercussions sur la salubrité des aliments.

Une solution solide

Pour aider les animaux à se préparer au passage des liquides aux aliments solides, les éleveurs offrent souvent une alimentation complémentaire aux porcelets pendant qu’ils sont encore sous la mère. Les scientifiques y ont vu l'occasion idéale d'ajouter des additifs alimentaires à cette ration afin de prévenir ou d'atténuer la diarrhée causée par Salmonella. Ce faisant, ils souhaitaient également cerner les effets de Salmonella et explorer l'utilisation de biomarqueurs comme moyen moins invasif d'étudier les animaux. Les biomarqueurs sont des caractéristiques biologiques mesurables qui peuvent fournir de l’information sur la santé d’un animal, la présence d’une infection ou sa réponse à un traitement. Ils peuvent notamment aider les chercheurs à suivre l’évolution d’une maladie en utilisant des méthodes moins invasives.

L'une des pistes explorées par ce projet concerne une bactérie appelée Veillonella. Les scientifiques ont observé que lorsque l'intestin du porc était infecté par Salmonella, les niveaux de Veillonella diminuaient, et qu'ils augmentaient en l'absence d'infection. Cela pourrait donner lieu à de futures recherches sur la valeur potentielle de cette bactérie comme probiotique à ajouter à la moulée, afin de rendre les porcs moins sensibles à Salmonella.

Réaction en chaîne

L'étude a également révélé qu'en ajoutant à la ration un acide gras à chaîne moyenne (un acide gras saturé ou insaturé présent en forte concentration dans des aliments comme l'huile de noix de coco) et de l'extrait de levure, il était possible de prévenir la diarrhée chez certains porcs et d'en réduire la gravité chez d'autres. Les résultats ont aussi confirmé que la supplémentation en certains acides aminés pouvait réduire la gravité de la diarrhée. Il s'agit donc d'une autre piste prometteuse à explorer.

Les biomarqueurs pourraient également offrir de nouvelles possibilités pour étudier les infections et la réponse des porcs dans des conditions d’élevage. Au lieu de chercher des solutions en travaillant sur un modèle en laboratoire, les chercheurs pourraient mener davantage de travaux directement en élevage et observer les animaux dans leurs conditions habituelles de production. Ils observeraient ainsi les animaux dans leur milieu naturel et noteraient l'action de l'agent pathogène et la manière dont il affecte l'hôte. Cette approche pourrait produire des résultats plus directement applicables à la ferme.

Mettre la main à la pâte

Pour que le projet et ses résultats voient le jour, la collaboration a été essentielle. L'Université Laval a réalisé les analyses sanguines et Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) a mené l'analyse du système immunitaire. Les porcs sont nés à AAC Sherbrooke, où ils ont été nourris pendant la période d'allaitement avant d’être transférés à l’Université de Montréal pour l’essai d’infection expérimentale. De plus, une entreprise privée a apporté son expertise à la découverte des biomarqueurs.

Les chercheurs principaux, tous établis au Québec, étaient le Dr Dominic Poulin-Laparde, d'AAC Sherbrooke, le Dr Frédéric Guay, de l'Université Laval, et le Dr Alexandre Thibodeau, de l'Université de Montréal.

Au terme du projet, les chercheurs recommandaient d’approfondir les travaux sur Veillonella et d’évaluer son potentiel comme probiotique. Ils proposaient également de répéter l’expérience à plus grande échelle et de tester les acides gras à chaîne moyenne et l’extrait de levure dans des conditions commerciales.

Ces résultats ouvrent ainsi de nouvelles pistes pour protéger la santé des porcelets au sevrage tout en réduisant le recours aux antibiotiques.

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  • Article tiré de la Grappe porcine 3 : Vers une nouvelle approche d'alimentation des porcelets nouveau-nés et sevrés

  • Responsables du projet : Dr Frédéric Guay (Université Laval) ; Dr Martin Lessard (AAC Sherbrooke)

  • Chercheur principal : Dr Alexandre Thibodeau (Université de Montréal)

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Swine Innovation Porc
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L'alimentation en renfort : la ration de pouponnière contre une grande maladie du porc

Comme si les bas prix du porc et la hausse du coût de la moulée ne suffisaient pas, ajoutons une septicémie grave qui frappe presque toutes les fermes au Canada.

La maladie causée par Streptococcus suis est l'un des problèmes de santé les plus importants chez les porcelets en pouponnière. Elle est à la fois répandue et très dommageable : méningite, arthrite, endocardite (une inflammation de la paroi interne du cœur qui met la vie de l'animal en danger) et mort subite. Ajoutez à cela qu'elle est probablement la première cause d'utilisation d'antibiotiques chez ces animaux, et la menace devient très concrète, très vite.

Le stress coûte cher

Comme chez l'humain, le stress peut être dévastateur chez le porcelet sevré. À la séparation d'avec la truie, au changement d'environnement et à la densité animale plus élevée s'ajoute le passage du lait à une alimentation solide. Ces facteurs de stress créent les conditions idéales pour qu'une bactérie comme Streptococcus suis prolifère. La plupart des porcs portent différents types de cette bactérie dans leurs amygdales et leur cavité nasale. Certains développent une maladie grave, ou en meurent, à cause de types précis de l'agent pathogène, tandis que d'autres passent complètement au travers. Les chercheurs se sont penchés sur les causes possibles de ces réactions différentes, évoquant les variations du système immunitaire et la protection transmise par la truie. Or, l'une des pistes les plus prometteuses se trouve peut-être juste devant le groin du porc : la ration.

Nourrir la recherche de solutions

Comme l'alimentation est la plus grosse dépense des producteurs, avec les deux tiers du coût de production, une ration moins chère qui repousserait en plus un agent pathogène mortel serait gagnante sur toute la ligne. Pour contrer le stress du sevrage, la plupart des fermes servent une ration riche, tant par la qualité que par la quantité des ingrédients clés. Comme un souper au resto cinq étoiles, un repas de haute qualité vient avec une facture plus salée. C'est dans cette optique que les scientifiques se sont intéressés aux rations à faible complexité, qui remplacent les sources de protéines animales comme le plasma ou la farine de poisson par des sources végétales comme le soya.

Dans ce projet, les porcs ont été répartis en deux groupes. Le premier recevait une ration coûteuse et très complexe, semblable à ce qui se fait couramment à la ferme aujourd'hui, et le second, une ration peu coûteuse et à faible complexité. Après avoir infecté les deux groupes avec Streptococcus suis, l'étude a donné un résultat surprenant : les porcs nourris à la ration à faible complexité résistaient mieux à la maladie.

L'épreuve du feu

Au départ, les chercheurs ont eu du mal à reproduire ces résultats à la ferme. Plusieurs facteurs peuvent l'expliquer, notamment le mélange des porcs et le fait que les animaux ne consomment pas tous la même quantité d'aliments. Heureusement pour les producteurs, le problème s'est réglé en augmentant la part d'acides aminés fonctionnels dans la ration. Les porcs ont de nouveau été répartis en groupes. Comparativement aux rations très complexes ou pauvres en acides aminés, le groupe recevant une ration à faible complexité et à faible coût, enrichie en acides aminés, a montré une meilleure résistance à la maladie causée par Streptococcus suis. Détail important pour l'utilisateur final : le résultat s'est confirmé autant en laboratoire qu'en bâtiment.

Des retombées bien réelles

Dans un secteur où chaque dollar compte, toute occasion d'économiser est bienvenue, et ce projet en offre plusieurs. Avec la ration à faible complexité, les producteurs peuvent épargner de 2 à 3 $ par porc en frais d'alimentation. Tout aussi important, les animaux prennent le même poids avec l'une ou l'autre des rations à la fin de la période de pouponnière : économiser sur l'alimentation ne cache donc pas de coûts. À cela s'ajoute que des porcs en santé signifient moins d'argent consacré au traitement et à la prévention des maladies, et un moindre recours aux antibiotiques. À une époque où l'antibiorésistance préoccupe de plus en plus sur le plan de la santé humaine, s'y attaquer renforce la confiance des consommateurs envers les produits du porc canadien.

Faire équipe et aller plus loin

Comme bien des projets de recherche qui portent fruit, celui-ci est né d'une collaboration. Mené à l'Université de Guelph, il a été dirigé par le Dr Vahab Farzan (Université de Guelph), le Dr Dan Columbus (Prairie Swine Centre) et le Dr Martin Nyachoti (Université du Manitoba). Les scientifiques souhaitent maintenant approfondir une autre observation du projet. Lors de l'essai à la ferme, ils ont noté que les porcs nourris à la ration à faible complexité présentaient plus de diarrhée que ceux recevant la ration complexe. Cela pourrait tenir à la teneur en fibres plus élevée de la ration simplifiée, ce qui a soulevé un intérêt pour l'étude de la façon dont une ration à faible complexité peut modifier la flore intestinale du porc.

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  • Article tiré du projet de la Grappe porcine 3 : Développement de stratégies innovantes pour réduire les coûts d'alimentation en période de post-sevrage

  • Responsable du projet : Dr Vahab Farzan (université de Guelph)

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Sur la bonne voie : mieux transporter les porcelets sevrés

Le transport a des effets bien réels sur la santé et le bien-être des porcs.

Le transport routier peut éprouver les porcs, nuire à leur bien-être et à leurs performances et, dans certains cas, entraîner des mortalités qui occasionnent des pertes pour les éleveurs. Les raisons de transporter les porcs vont de soi, mais le moment choisi et les conditions de transport peuvent faire la différence entre un trajet sans incident et un parcours difficile, tant pour les porcs que pour les éleveurs.

Le transport des porcs en finition a fait l'objet de nombreux travaux, mais on en sait moins sur les porcelets sevrés. Bien que la pandémie ait compliqué les travaux, les chercheurs ont recueilli des données sur des milliers de chargements de porcelets partout au pays. L’analyse visait principalement à cerner les facteurs associés à la mortalité pendant le transport dans l’Est et l’Ouest canadiens.

Des remorques à surveiller

L'étude a révélé que les trajets effectués avec des remorques surbaissées, dites potbelly, affichaient une mortalité moyenne plus élevée que ceux réalisés avec d'autres types de remorques. La météo joue aussi : les taux de mortalité les plus élevés étaient observés en hiver dans l’Ouest canadien et en été dans l’Est canadien. Les pertes plus élevées par temps extrême n'ont évidemment pas surpris les chercheurs. Ils ont toutefois noté que les porcelets sevrés sont plus sensibles au froid que les porcs en finition, qui souffrent davantage de la chaleur que du froid pendant le transport. Ce dernier point met en lumière les besoins différents des porcs selon leur stade de vie durant le trajet.

Le fil conducteur du projet était de trouver où élaborer des stratégies pour réduire le risque de mortalité chez les porcelets pendant leur transport. Par exemple, dans une étude comparant les trajets de longue et de courte durée, les porcelets transportés sur de longues distances avaient été sevrés plusieurs jours avant le départ et étaient déjà habitués à utiliser les mangeoires. À l'inverse, les porcs transportés sur de courtes distances avaient été sevrés juste avant le chargement, et ont donc été exposés simultanément au sevrage, au mélange, au chargement et au transport, ce qui était associé à davantage d’agressivité liée au mélange et à une réponse de stress plus marquée à l’arrivée. Cela donne à penser que sevrer à la ferme avant le transport pourrait réduire les mortalités, même s'il faudra pousser la recherche plus loin, vu les défis logistiques que ce changement pose aux producteurs.

Une question de litière

En recherche, trouver des réponses commence souvent par poser les bonnes questions, et ce projet en a soulevé quelques-unes. Devant la mortalité plus élevée des porcelets l'hiver dans l'Ouest canadien, la litière est-elle adéquate? Faut-il envisager d'autres types de litière? Comment le type de remorque et les conditions propres à chaque compartiment influencent-ils le confort et le bien-être des porcelets? Dans l'Est, comment la combinaison de températures élevées, d’une forte humidité et de l’espace alloué influence-t-elle les conditions vécues par les porcelets? Dans le cadre du projet, les chercheurs ont suivi d’autres chargements à l’aide de capteurs mesurant notamment la température et l’humidité dans les remorques. Ces données devaient aider à mieux comprendre les conditions propres aux différents compartiments et aux différentes régions.

La recherche prend de la hauteur

À partir de remorques hydrauliques à quatre niveaux, couramment utilisées pour transporter de grands nombres de porcelets, les chercheurs commencent à examiner de plus près la température et l'espace alloué dans chaque compartiment. Forts de ces connaissances, ils comptent travailler avec les fabricants de remorques à mettre au point des systèmes de contrôle capables de maintenir des températures idéales dans tout le camion.

L'équipe insiste également sur l'importance d'une bonne formation pour les chauffeurs affectés au transport de porcs. La plupart connaissent très bien leur métier, mais le roulement de personnel dans le secteur fait que d'autres peuvent ignorer certaines pratiques essentielles. Lorsque la remorque n’est pas équipée de capteurs, les chauffeurs doivent surveiller régulièrement les porcs et les conditions dans les différents compartiments, en portant une attention particulière aux signes de stress thermique, à la ventilation et aux variations de température. Il faut réduire au minimum le temps pendant lequel une remorque pleinement chargée demeure immobile, tout en manipulant les porcs calmement et de façon sécuritaire. Une fois les vérifications nécessaires terminées, le camion devrait partir dès que possible, particulièrement par temps chaud.

Une collaboration pancanadienne

Une initiative pancanadienne peut représenter une tâche imposante, et la collaboration entre le milieu universitaire et le secteur porcin a donc été essentielle. La Dre Yolande Seddon, professeure adjointe au Département des sciences cliniques des grands animaux du Western College of Veterinary Medicine, a joué un rôle central dans le projet, tout comme le Dr Terry O'Sullivan et la Dre Renee Bergeron, tous deux professeurs agrégés à l'Université de Guelph. Ils ont été appuyés par Hannah Golightly, étudiante au doctorat, qui a présenté une affiche sur le projet au Porc Show en 2022.

Du côté de l'industrie, Marie-Josée Turgeon, coordonnatrice qualité et bien-être animal en production porcine chez Olymel s.e.c., et le Dr Egan Brockhoff, président et vétérinaire praticien chez Prairie Swine Health Services, ont pris part aux travaux.

Peu importe leur provenance, tous partageaient la même vision : une meilleure compréhension du sevrage, du transport et des conditions vécues par les porcelets pourrait contribuer à réduire les mortalités et à améliorer leur adaptation et leurs performances à l’arrivée en pouponnière.

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  • Article tiré du projet de la Grappe porcine 3 : Effets du transport à longue distance sur la santé et le bien-être des porcelets sevrés précocement

  • Responsable du projet : Dre Jennifer Brown (Prairie Swine Centre)

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La nouvelle grappe répond aux priorités priorités du secteur porcin

S’il existe une recette pour faire progresser le secteur porcin, la recherche en est un ingrédient essentiel. Elle stimule l’innovation et mène à de nouvelles solutions.

Pour garder une longueur d'avance et rivaliser sur la scène mondiale, les producteurs doivent exceller et évoluer sur plusieurs fronts. Les projets lancés en 2023 dans le cadre de la Grappe porcine 4 et soutenus par Swine Innovation Porc les aident à relever ces défis.

« La recherche est le fondement de du secteur porcin », a déclaré Daniel Ramage, directeur général de SIP. « Notre secteur s’appuie sur la science, et la recherche joue un rôle essentiel dans la mise au point de solutions qui renforcent la position du Canada comme chef de file mondial de la production et de l’exportation de porc. »

Grâce au financement d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, des organisations provinciales de producteurs de porcs et d'autres partenaires, les projets soutenus par SIP se poursuivent depuis 2010 dans le cadre de grappes de recherche quinquennales financées par le programme Agri-science. Cet horizon est important, car il permet de mener des études de recherche à grande échelle sur une longue période. En outre, les grappes facilitent la collaboration entre les équipes de recherche partout au Canada, ce qui est essentiel pour assurer le succès des projets.

« En travaillant ensemble, l'industrie, le gouvernement et le monde universitaire peuvent se concentrer sur des sujets stratégiques et réaliser des progrès dans des domaines qui renforcent le secteur porcin à long terme », a déclaré M. Ramage.

Partout au Canada, les chercheurs font le pont entre la science et la réussite du secteur.

« La recherche et l'innovation sont essentielles pour l'agriculture et, plus particulièrement, pour le secteur porcin », a déclaré Laurence Maignel, chercheuse au Centre canadien pour l'amélioration des porcs (CCAP). « La recherche fournit les connaissances et les solutions nécessaires pour répondre aux enjeux émergents et persistants tout en améliorant la productivité, la durabilité, la compétitivité, la salubrité des aliments et la qualité du porc. »

« Ce programme nous permet de mettre en œuvre un solide portefeuille de recherche », a déclaré M. Ramage. « Il réunit des chercheurs de premier plan de 13 établissements au Canada et plus de 36 partenaires du secteur. »

Collectivement, ce groupe d'experts s'attaquera à 18 activités de recherche et de transfert de connaissances réparties dans trois domaines prioritaires : la croissance économique, la résilience du secteur et les défis sociétaux.

« Cette grappe aborde un éventail de sujets plus diversifié que jamais », a déclaré M. Ramage. « En réponse à l'évolution des exigences réglementaires et des préférences des consommateurs, nous mettons davantage l'accent sur la durabilité et l'environnement, tout en continuant à promouvoir une productivité et une compétitivité accrues grâce à l'innovation. »

Parallèlement, la Grappe porcine 4 continue d'accorder la priorité à la compétitivité et à la rentabilité de la production porcine, que ce soit en relevant les défis liés à la santé animale, en améliorant les pratiques d'alimentation ou en faisant mieux connaître les pratiques exemplaires en matière de production et de soins aux animaux dans l’ensemble du secteur.

Protéger l’environnement sans perdre de vue la rentabilité

Les producteurs accordent de l’importance à la protection de l’environnement, mais ils doivent aussi assurer la rentabilité de leur entreprise. À cet égard, les grappes de recherche de SIP ont démontré leur valeur.

« Nous avons procédé à une évaluation de l'impact économique des précédents programmes de grappes », a indiqué M. Ramage. « Il convient de souligner que les investissements réalisés dans le cadre de ces projets ont permis d'accroître la productivité du secteur porcin de plus de 3,5 %. Quand on pense à l'ampleur du secteur porcin canadien, qui représente chaque année plusieurs milliards de dollars, ce gain constitue un résultat important qui démontre la valeur des investissements en recherche. »

La valeur de la recherche est évidente à la ferme partout au Canada, où les producteurs en voient l'impact au quotidien. Par ses activités de transfert de connaissances, SIP facilite l’adoption rapide de technologies novatrices, de nouveaux produits et de nouvelles stratégies par les producteurs, les transporteurs et les transformateurs. SIP élargit également la portée de l’information en utilisant différents canaux de communication et en adaptant ses messages à chaque public.

« L'un des principaux avantages pour nous est que la science a prouvé que sélectionner des cochettes de remplacement issues de truies ayant des portées à poids de naissance élevé permet améliorer le poids des porcelets à la naissance, la productivité et le nombre de porcs produits par le troupeau », a déclaré Steven Waldner, gestionnaire de porcherie pour la Fairlane Colony, à l'est de Lethbridge, en Alberta.

La recherche a également transformé les pratiques d’alimentation des porcelets en pouponnière.

« La recherche nous a appris qu'il est plus important et plus rentable de se concentrer sur la santé intestinale et de préparer préparer les porcelets aux stress et aux défis qui suivent le sevrage, en utilisant un mélange d'acides organiques et inorganiques, plutôt que de se concentrer sur la croissance pendant les premières semaines après le sevrage », a déclaré M. Waldner.

Pour prendre de court un spécialiste du secteur porcin, il suffit de lui poser une question simple : quels aspects de la production ne sont pas influencés par la recherche?

« Je n'en vois aucun », a déclaré Mme Maignel. « Au cours des dernières décennies, les progrès réalisés dans l’alimentation, la conception des bâtiments, les systèmes de logement, la productivité des truies, la qualité des carcasses et de la viande, l’utilisation de l’énergie et de l’eau ainsi que la santé et le bien-être des animaux ont contribué à faire du secteur porcin canadien l’un des secteurs agricoles les plus performants et les plus rentables. Le succès sur les marchés d'exportation dépend également beaucoup des efforts de recherche qui mettent en valeur les qualités de la viande de porc canadienne auprès des acheteurs étrangers. De nos jours, l'automatisation de l'élevage, les pratiques durables et une production porcine résiliente reposent largement sur la recherche en intelligence artificielle et sur de nouvelles approches pour une meilleure utilisation des ressources. »

Faire équipe et travailler sans relâche

En recherche comme dans le sport, le travail d’équipe est essentiel pour atteindre ses objectifs, et Mme Maignel n'hésite pas à abonder dans ce sens.

« SIP joue un rôle central en définissant les priorités de recherche en collaboration avec les producteurs et les transformateurs de porcs canadiens », a-t-elle déclaré. « SIP crée également une synergie entre les scientifiques et encourage la communication et la coordination entre les organismes de recherche et l'industrie. Ce faisant, il agit comme catalyseur d'innovation à différents niveaux du secteur. »

De toute évidence, les priorités de la Grappe porcine 4 reflètent les occasions et les défis auxquels est confrontée actuellement l'industrie porcine.

« Ces projets nous aideront à faire avancer les choses sur des questions essentielles », a déclaré M. Ramage. « La science est un puissant moteur de réussite pour le secteur porcin et continuera de contribuer à son évolution au cours des prochaines années. Notre secteur traverse une période passionnante et nous sommes ravis de contribuer à sa réussite à long terme grâce à des investissements et à des partenariats dans le domaine de la recherche. »

Remerciements

Le programme de recherche Grappe porcine 4 : L’innovation au service de la croissance durable dans le secteur porcin est dirigé par Swine Innovation Porc, grâce aux investissements combinés des organisations provinciales de producteurs porcins, de partenaires majeurs du secteur et du gouvernement du Canada dans le cadre du programme Agri-science du Partenariat canadien pour une agriculture durable.

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  • Annoncée en 2023 et se déroulant de 2023 à 2028, la Grappe porcine 4 investira jusqu'à 20 millions de dollars provenant de fonds combinés de l'industrie et du gouvernement.

  • La Grappe porcine 4 est le quatrième programme pancanadien de recherche collaborative et de transfert de connaissances élaboré et géré par Swine Innovation Porc depuis 2010.

 

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E. coli : une étude qui arrive juste à temps

La diarrhée post-sevrage causée par E. coli est un problème sérieux, tant pour les porcs que pour les éleveurs.

Trouver de meilleurs moyens de prévenir et de maîtriser cette maladie pourrait réduire les frais de traitement et les pertes de production pour les éleveurs, tout en améliorant la santé et le bien-être des porcs. Sous la direction du Dr Vahab Farzan, chercheur à l'Ontario Veterinary College de l'Université de Guelph, des scientifiques se sont mis en quête d'une solution probiotique à la DPS.

Les bactéries E. coli qui vivent dans l'intestin des humains et de certains animaux sont généralement inoffensives et contribuent à la santé du tube digestif. Certaines souches peuvent toutefois produire des toxines responsables de divers symptômes : vomissements, diarrhée et lésions de la paroi intestinale. Chez les porcelets sevrés, certaines souches pathogènes peuvent causer une diarrhée sévère et entraîner la mort. La bactérie entraîne des pertes annuelles de 100 à 150 millions de dollars par année à l'industrie canadienne, et elle préoccupe tout autant ailleurs dans le monde.

Comme elle provoque de la déshydratation, de la diarrhée et souvent la mort, E. coli pose aussi un problème de bien-être animal. Même les porcs qui se remettent de l'infection peuvent accuser un retard de développement par rapport aux autres et présenter un retard de croissance et de moins bonnes performances pendant la période d’engraissement.

Tout mettre en œuvre pour l'écarter

Devant les répercussions d'E. coli, les producteurs emploient diverses approches pour tenir la bactérie à distance. La prévention commence par un nettoyage et une désinfection en profondeur de tous les parcs entre chaque lot de porcs. Malgré tous les efforts déployés à la ferme, l'infection réussit parfois à se faufiler.

Des antimicrobiens ont également été utilisés dans les rations de pouponnière pour prévenir ou traiter la diarrhée post-sevrage. L’oxyde de zinc, qui n’est pas un antibiotique, a aussi été administré à des concentrations élevées pour réduire la diarrhée. Une grande partie du zinc consommé en excès est toutefois excrétée. Il peut alors s’accumuler dans le lisier et, après l’épandage, augmenter les concentrations de zinc dans les sols.

Garder la résistance à l'œil

Certaines études ont montré que des gènes associés à la résistance au zinc peuvent se trouver sur des éléments génétiques mobiles, comme des plasmides. Ces fragments d’ADN peuvent se déplacer entre les bactéries.

Le problème est que ces éléments peuvent également porter des gènes de résistance à certains antimicrobiens. L’utilisation de fortes concentrations de zinc pourrait donc favoriser la sélection de bactéries présentant plusieurs formes de résistance, ce qui pourrait compliquer le traitement de futures infections.

Une piqûre de rappel

Les vaccins comptent parmi les outils essentiels de prévention. Ils sont souvent efficaces, mais il peut être difficile d’obtenir une protection optimale chez de très jeunes porcelets, dont le système immunitaire encore immature ne permet pas de profiter pleinement de la vaccination. Les chercheurs ont donc aussi évalué d’autres approches, notamment les probiotiques, soit des bactéries vivantes (les bonnes) et des levures qui favorisent la santé intestinale et protègent contre la maladie.

Les probiotiques à l'étude

Avant qu'une mesure de contrôle comme les probiotiques puisse être utilisée à la ferme, les chercheurs doivent en évaluer rigoureusement l'efficacité au moyen d'essais d'infection expérimentale. Il leur a fallu pour cela mettre au point un modèle d'infection permettant de déterminer à quel âge les porcelets devraient être exposés à une souche pathogène d’E. coli, et à quelle dose, afin de reproduire de façon fiable les signes cliniques de la diarrhée post-sevrage. Le modèle ainsi mis au point peut maintenant servir à évaluer, dans de futurs projets, des interventions comme les probiotiques ou les vaccins.

Pour que certaines souches entérotoxinogènes d’E. coli causent la maladie, elles doivent d’abord pouvoir adhérer à des récepteurs précis présents dans l’intestin du porc. En l’absence du récepteur correspondant, le porc peut être naturellement résistant à cette souche, puisque la bactérie ne peut pas s’attacher efficacement à la paroi intestinale et y libérer ses toxines.

La confirmation du rôle de ces récepteurs dans la sensibilité des porcs, combinée au perfectionnement du modèle d’infection, constitue un résultat important du projet. Ces connaissances fondamentales contribueront grandement à protéger les porcs contre E. coli dans les années à venir.

La collaboration au cœur des découvertes

La science est un sport d'équipe, et ce projet a bénéficié de l'appui financier de Swine Innovation Porc (SIP), d'Ontario Pork et du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario (OMAFRA). Le projet a été codirigé par le Dr Vahab Farzan, de l'Ontario Veterinary College de l'Université de Guelph. Les travaux ont progressé grâce au savoir de ses collaborateurs, également membres de l'Ontario Veterinary College : le Dr Robert Friendship, professeur, et le Dr Brandon Lillie, directeur de département et professeur agrégé. Le Dr Joshua Gong, chercheur à Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), a lui aussi joué un rôle important dans l'étude.

L'équipe poursuivra ses essais d'infection expérimentale afin d'évaluer des produits comme les probiotiques et les vaccins.

Une meilleure prévention de la diarrhée post-sevrage causée par E. coli pourrait réduire la mortalité, soutenir la croissance des porcelets et diminuer le recours aux antimicrobiens et à de fortes concentrations de zinc. Les résultats du projet fournissent ainsi de nouveaux outils pour évaluer des solutions qui pourraient améliorer la santé et le bien-être des porcs tout en répondant aux préoccupations liées à la résistance aux antimicrobiens.

E. Coli Bacteria
  • Article tiré du projet de la Grappe porcine 3 : Caractérisation du microbiome intestinal de base associé à la santé et aux performances des porcs

  • Responsables du projet : Vahab Farzan, Université de Guelph ; Andrew Van Kessel, Université de Saskatchewan ; Ben Willing, Université de l'Alberta

 

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Swine Innovation Porc
Swine Innovation Porc

Une occasion en or de rendre la planète plus verte

Comme le sait toute personne qui s’est déjà perdue en forêt, il est difficile de choisir la bonne direction sans connaître son point de départ.

Pour répondre aux besoins exprimés par les producteurs et les transformateurs, des chercheurs ont mené un vaste sondage afin de mieux mesurer l’efficacité et l’empreinte environnementale du secteur porcin. L’étude a permis de documenter l’évolution de la production, de dresser un portrait de la situation actuelle et de cerner les principaux domaines où de nouveaux progrès sont possibles.

Pour recueillir ces informations, des producteurs intégrés et indépendants de tout le Canada ont été invités à répondre à un sondage en ligne couvrant tous les aspects, de l'éclairage à l'entreposage du lisier en passant par la composition de la ration. À partir d'une centaine de réponses, ainsi que de données agrégées recueillies auprès de certains producteurs intégrés, les scientifiques ont pu se faire une idée plus précise dans plusieurs domaines.

Progrès en matière de production

Dans l'ensemble, l'enquête a montré que le secteur porcin au Canada gagne en efficacité, ce qui est bénéfique tant pour les producteurs que pour la planète. En suivant les progrès de 1995 à 2020 (les chercheurs se sont appuyés sur les chiffres de Statistique Canada et sur des experts du secteur pour les données historiques), des gains ont été constatés dans presque tous les aspects de la production. Par exemple, des indicateurs comme les kilogrammes de poids vif produits par truie et le nombre de porcs commercialisés par truie ont augmenté. La taille des portées et le nombre de porcelets sevrés par truie ont également augmenté, ce qui permet de maintenir un même niveau de production avec moins de truies.

De plus, les quantités d’azote et de phosphore excrétées ont diminué, tout comme les émissions de gaz à effet de serre associées à la production de la moulée et à l’entreposage du lisier, qui ont baissé de 10 à 35 % selon l’indicateur évalué.

Le principal facteur à l'origine de ces gains de production a été l'amélioration de la génétique. Grâce aux progrès génétiques, les porcs atteignent leur poids de marché plus rapidement et utilisent la moulée plus efficacement. Il faut donc moins de moulée pour produire une quantité donnée de porc, ce qui réduit également le volume de lisier à gérer.

L'évolution de l'alimentation

L'alimentation est un autre domaine qui a considérablement évolué. Les producteurs et les nutritionnistes intègrent davantage de coproduits de la transformation alimentaire aux rations porcines, ce qui permet de valoriser des matières qui pourraient autrement être perdues. La formulation des rations s’est également précisée au fil du temps, notamment grâce à l’utilisation d’additifs comme les enzymes. Ces additifs peuvent améliorer la disponibilité du phosphore pour les porcs et réduire les coûts de supplémentation.

Des bâtiments plus efficaces

L’amélioration de l’efficacité environnementale et de la productivité passe également par la conception des porcheries. Des pompes et des systèmes de refroidissement plus efficaces font partie de la solution, tout comme un éclairage moderne qui consomme moins d'énergie.

Maintenant que l'équipe a effectué une première analyse des données, elle prévoit d'approfondir ses recherches et d'établir des liens. Quelle part des gains de productivité est attribuable à l’alimentation, à l’amélioration génétique ou aux performances de reproduction? Dans quelle mesure les changements apportés à l'entreposage du lisier ont-ils réduit les émissions de gaz à effet de serre?

À partir de là, les chercheurs espèrent formuler des recommandations pour poursuivre les progrès dans le secteur porcin, comme le captage des gaz issus du lisier, l’installation de systèmes d’éclairage DEL écoénergétiques, et l'utilisation de thermopompes adaptées aux climats froids plutôt que le recours au propane ou au gaz naturel.

D’autres progrès pourraient venir d’une utilisation accrue de coproduits de la transformation alimentaire dans les rations porcines.

La réduction des émissions d’oxyde nitreux associées à la production de grandes cultures comme l’orge, le blé et le maïs pourrait également contribuer à diminuer l’empreinte environnementale du porc.

De la conception à la réalisation

Un sondage nationale de cette ampleur exige la collaboration de nombreux partenaires. Au départ, un groupe consultatif technique réunissant des représentants du secteur et du milieu universitaire a élaboré les questions du sondage. Les organisations provinciales de producteurs de porcs de tout le Canada ont aidé à joindre les producteurs, puis une firme de sondage agricole a mené l'enquête. Lorsque l'équipe a eu besoin de corroborer les résultats avec des données supplémentaires, Meyers Norris Penny a communiqué avec ses clients producteurs indépendants et intégrés afin d’obtenir des données supplémentaires.

Le Dr Candido Pomar, chercheur à Agriculture et Agroalimentaire Canada au Centre de recherche et de développement de Sherbrooke, a contribué aux volets du sondage portant sur l’alimentation et l’empreinte environnementale. Enfin, Clarence Froese, directeur de la nutrition chez Genesus Inc., a contribué à la comparaison des rations porcines de 1995 à 2020.

L’objectif de ces analyses était de fournir au secteur des données plus précises sur l’efficacité de la production et son empreinte liée aux émissions de gaz à effet de serre. Ces données doivent permettre de mieux comprendre les impacts environnementaux de la production porcine et d’établir un point de référence pour mesurer les progrès futurs.

A toy pig standing on a globe
  • Article tiré du projet de la Grappe porcine 3 : Faire progresser le secteur porcin canadien grâce à la réduction de l'empreinte environnementale

  • Responsables du projet : Dr Mario Tenuta, Université du Manitoba ; Dr Qiang Zhang, Université du Manitoba

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Swine Innovation Porc
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Une classe à part : améliorer le classement de la viande de porc grâce à la qualité

Miser sur la qualité, c'est s'assurer d'avoir des clients satisfaits qui reviennent.

Et quand on est déjà un chef de file de la production et de l'exportation de porc, il ne reste qu'une chose à faire : consolider cette position.

Pour les produits agricoles, les systèmes de classification et de classement sont la pierre angulaire de l'image de marque et de la réputation. Ils permettent de mesurer et de communiquer clairement aux acheteurs les caractéristiques auxquelles ils peuvent s’attendre.

Pensons aux catégories « Prime » et « AAA » du secteur bovin canadien, reconnues comme une marque de qualité exceptionnelle. Du côté du porc, le système de classement canadien s'est surtout appuyé sur des facteurs comme le rendement en viande maigre et le poids de la carcasse, laissant un vide du côté de la qualité.

En évaluant de nouveaux outils de mesure, les chercheurs cherchent à intégrer davantage la qualité au classement du porc canadien, afin d’en accroître la valeur et la compétitivité.

La qualité au service de la compétitivité

Cela peut sembler évident, mais quand on a du porc de grande qualité, un système de classement objectif peut aider les abattoirs à mieux différencier leurs produits, à répondre aux besoins des acheteurs et à en accroître la valeur. Certains acteurs du secteur proposent donc un système de classement des découpes primaires qui fournirait aux acheteurs une information plus précise sur la qualité attendue des produits de porc canadien

On reconnaît de plus en plus, tout au long de la chaîne de valeur, l'importance de la constance et de l'assurance qualité pour répondre aux exigences des marchés du monde entier. C'est pourquoi deux chercheurs, le Dr Manuel Juárez, d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, et la Dre Laurence Maignel, du Centre canadien pour l'amélioration des porcs, ont été appelés à se pencher sur les techniques de classement.

En examinant les méthodes utilisées dans les abattoirs, les chercheurs ont constaté d’importantes possibilités d’amélioration. Les acheteurs peuvent être disposés à payer davantage pour certaines caractéristiques de qualité, mais celles-ci sont encore souvent évaluées de façon subjective. Ces méthodes n’offrent pas toujours la constance et la précision exigées par les marchés à valeur élevée.

La recherche à la rescousse

Il faut de toute évidence des méthodes de classement plus objectives. Les chercheurs ont donc évalué les technologies existantes et déterminé les endroits de la carcasse les mieux adaptés pour mesurer la couleur de la longe, le persillage et la fermeté. Certains outils existaient déjà, mais ils étaient encombrants, coûteux et exigeaient beaucoup de temps, ce qui limitait leur utilisation.

L’étude a toutefois permis de repérer des options moins coûteuses offrant des résultats comparables ou supérieurs à ceux des appareils plus coûteux. Ces outils vont d'appareils portatifs de spectroscopie proche infrarouge à de nouveaux étalons de couleur, en passant par des systèmes de tri des flancs selon leur fermeté.

Une adoption rapide

Des abattoirs partenaires ont commencé à adopter ces technologies et à travailler avec l’équipe de recherche pour les intégrer à leurs installations. Comme la souplesse était essentielle à une adoption plus large, les chercheurs ont veillé à ce que les outils retenus puissent s'adapter aux abattoirs selon leur clientèle et leurs installations. Les systèmes fonctionnent aussi bien dans une petite usine qui traite 100 porcs par jour que dans une usine qui en traite 2 000.

Pour les abattoirs, cela veut dire qu'ils peuvent désormais classer les découpes selon la qualité avec un haut degré de précision, tout en réduisant les besoins en main-d’œuvre pour cette tâche. Une classification plus précise pourrait aider les entreprises à mieux répondre aux besoins de leurs clients, à différencier leurs produits et à en accroître la valeur. La satisfaction de la clientèle devrait s'en trouver rehaussée, et les producteurs en profiteront eux aussi, puisque ces systèmes pourraient également permettre aux abattoirs de mieux reconnaître et rémunérer les producteurs qui fournissent régulièrement des carcasses présentant les caractéristiques recherchées.

Collaborer pour la qualité

Au terme du projet, le Dr Juárez et la Dre Maignel envisageaient déjà d’autres applications, notamment l’utilisation d’un bras robotisé dans les usines souhaitant automatiser entièrement le classement et un projet connexe portant sur un casque à commande vocale pour évaluer les longes de porc.

Ces travaux montrent que des outils de mesure plus accessibles et plus objectifs pourraient aider les abattoirs à mieux différencier leurs produits, à répondre aux attentes des acheteurs et à renforcer la compétitivité du porc canadien.

a close up photo of pork chops
  • Article tiré du projet de la grappe porcine 3 : Classification de la viande de porc canadienne en fonction de ses caractéristiques de qualité

  • Responsables du projet : Manuel Juárez (AAC Lacombe)

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