Des moyens simples pour réduire les factures énergétiques des fermes
Les coûts énergétiques par porc ont presque doublé au cours de la dernière décennie, avec le chauffage, l'éclairage et la ventilation comme principaux responsables. La bonne nouvelle? Plusieurs solutions simples et abordables existent.
Passer à l'éclairage DEL peut réduire la consommation électrique de 75 à 80 % par rapport aux ampoules à incandescence, avec un investissement rentabilisé en un à deux ans. Pour le chauffage, les truies gestantes maintenues entre 8 et 13°C obtiennent des performances similaires à celles dans des bâtiments plus chauds, réduisant la consommation de gaz naturel jusqu'à 75 %. Des systèmes de ventilation mal calibrés et des abreuvoirs qui fuient ajoutent silencieusement des milliers de dollars en coûts inutiles chaque année.
Pour les producteurs, le message est clair : un entretien régulier, des consignes de température optimisées, des ventilateurs efficaces et un bâtiment plus étanche peuvent réduire considérablement votre facture énergétique sans nuire à la santé ni aux performances des porcs. Les options renouvelables comme les murs solaires et les systèmes géothermiques offrent également des économies à long terme qui méritent d'être explorées.
Les mycotoxines dans l'alimentation porcine : points clés
Lors des rencontres de producteurs membres du PSC en 2024, organisées en collaboration avec Zoetis et PIC, Dan Columbus, chercheur en nutrition au Prairie Swine Centre, a donné une présentation intitulée « Les mycotoxines dans l'alimentation porcine : points-clés ». Au cours de cette présentation, Dan a partagé des connaissances sur la prévalence des mycotoxines, leurs effets sur les porcs, les problèmes liés à l'échantillonnage des ingrédients pour détecter les mycotoxines, ainsi que les stratégies d'atténuation, notamment la séquestration, la détoxification, l'élimination physique, le tri des céréales, etc. Il a également présenté les résultats de deux essais de recherche qu'il a réalisés en administrant des mycotoxines à des porcs en finition et en croissance-finition.
Choisir le bon système de logement en groupe : trouver la solution adaptée à votre ferme
Passer au logement en groupe soulève une grande question : quel système d'alimentation convient le mieux? Il n'y a pas de réponse unique, mais comprendre les compromis facilite la décision.
Les options peu coûteuses comme l'alimentation au sol et les loges courtes sont simples à gérer, mais entraînent plus de comportements agressifs, de compétition et de risques de suralimentation. L'alimentation électronique des truies (AET) coûte plus cher au départ, mais automatise la gestion quotidienne et permet une alimentation de précision. Les stalles à accès libre offrent un bon compromis — peu d'effort de gestion et alimentation individuelle — mais nécessitent le plus d'espace au sol et ont un coût plus élevé.
Pour les producteurs, le meilleur système dépend du budget, de la configuration du bâtiment et de la régie. Si la technologie n'est pas votre point fort, des systèmes plus simples peuvent tout de même bien fonctionner avec les bonnes pratiques de gestion de groupe.
Impact de l'alimentation de précision en gestation sur la carrière productive de truies suivies pendant trois cycles reproductifs
L'alimentation de précision en gestation : des gains réels
Nourrir les truies gestantes coûte cher et a un impact environnemental important. Des chercheurs du CDPQ et de l'Université Laval ont voulu savoir si adapter l'alimentation selon les besoins précis de chaque truie — plutôt qu'une ration unique pour toutes — pouvait améliorer les performances, tout en réduisant les intrants nutritionnels.
Sur trois cycles reproductifs, 393 cochettes ont reçu soit une alimentation conventionnelle, soit une alimentation de précision ajustée par parité ou individuellement. Les chercheurs ont mesuré les performances en gestation, en lactation et la longévité des truies.
Les résultats sont encourageants : l'alimentation de précision a réduit les apports en protéines de 11 % et en phosphore de 17 %, tout en produisant environ 0,7 porcelet sevré de plus par portée. Par contre, les truies sous alimentation de précision ont eu légèrement plus de jours improductifs et une tendance à être réformées plus tôt.
Pour les producteurs, cette approche offre un potentiel réel — moins d'intrants, moins de rejets environnementaux, de meilleures performances. Des ajustements restent nécessaires pour mieux protéger la longévité des cochettes avant de l'adopter à grande échelle.
Peut-on sélectionner des truies qui écrasent moins de porcelets? La recherche dit oui
Perdre des porcelets par écrasement est un vrai problème. Au Canada, la majorité des mortalités avant le sevrage sont causées par les truies. Des chercheurs ont voulu savoir : ce comportement est-il en partie génétique?
En analysant plus de 3 000 truies Yorkshire de trois fermes ontariennes, l'équipe a développé un outil pour classer les truies selon leur tendance à écraser leurs porcelets. L'héritabilité estimée est d'environ 7 %, similaire à la taille de portée. Les 10 % de truies les moins performantes ont écrasé environ 0,15 porcelet de plus par portée que les meilleures.
Pour les producteurs, cela signifie qu'une sélection génétique ciblée pourrait réduire graduellement l'écrasement — améliorant le bien-être animal et votre rentabilité, avec des économies potentielles de millions de dollars à l'échelle du Canada.
Effets de l'alimentation de précision et de la stratégie de bump feeding sur les performances et la condition corporelle des truies gestantes suivies durant les deux premiers cycles gestation-lactation
L'alimentation de précision en gestation : une nutrition plus ciblée pour de meilleures performances
Nourrir les truies gestantes de façon optimale est un défi. Une ration unique pour toutes les truies entraîne souvent un excès de nutriments en début de gestation et une restriction en fin — ni l'un ni l'autre n'est idéal. Des chercheurs du CDPQ et de l'Université Laval ont comparé quatre stratégies alimentaires sur plus de 500 cochettes pendant trois cycles reproductifs.
Les quatre traitements testés : une alimentation conventionnelle, le bump feeding (augmentation des apports en fin de gestation), l'alimentation de précision par parité, et l'alimentation de précision individuelle. L'alimentation de précision par parité s'est démarquée — générant 0,6 porcelet sevré de plus par portée, réduisant les apports en lysine et en phosphore de 20 %, et diminuant les rejets d'azote de 10 %.
Pour les producteurs, l'alimentation de précision par parité apparaît comme l'approche la plus pratique et prometteuse. L'alimentation individuelle présente également des avantages pour les truies de deuxième parité. Les résultats sur la longévité à la troisième parité sont encore en cours d'analyse.
Guide d'utilisation des cases ascenseur
Les cases ascenseurs : une solution prometteuse pour réduire les écrasements de porcelets
Les écrasements de porcelets par la truie sont une cause importante de mortalité en maternité. Des chercheurs du CDPQ ont évalué une nouvelle technologie — la case ascenseur — qui soulève automatiquement le plancher sous la truie lorsqu'elle se lève, empêchant les porcelets de se réfugier dessous.
Les résultats montrent une réduction significative de la proportion de mortalités par écrasement de 11,3 % comparativement aux cases conventionnelles. En contrepartie, de légères baisses ont été notées pour le poids au sevrage (-0,20 kg) et le gain quotidien des porcelets (-11,1 g/jour).
Pour les producteurs, cette technologie offre aussi un avantage pratique : elle facilite la capture des porcelets lors des soins et du sevrage, économisant du temps de travail. Un entretien régulier du compresseur et des circuits pneumatiques reste toutefois nécessaire.
Réduire les émissions de GES par l’alimentation animale
Réduire les émissions de GES en repensant l'alimentation
La production d'aliments représente plus de 50 % des émissions de GES en production porcine, ce qui en fait la priorité d'action.
Les chercheurs proposent deux approches : remplacer les céréales par des coproduits locaux et améliorer l'efficacité alimentaire pour réduire les pertes en protéines. Les deux réduisent aussi les émissions d'azote du lisier.
À retenir : Ces stratégies ciblent surtout les porcs en finition, qui génèrent 70 % des émissions, sans nuire aux performances.
Températures chaudes – Mesures d’adaptation pour favoriser la prise alimentaire
Chaleur estivale : comment aider vos porcs à manger suffisamment
Quand il fait chaud, les porcs mangent moins — et cela nuit à leur croissance et aux performances reproductrices des truies. Des agronomes du CDPQ ont compilé des stratégies pratiques pour limiter ces effets.
Deux grandes approches sont proposées. D'abord, adapter la régie alimentaire : fractionner les repas en plus petites portions et décaler les heures d'alimentation vers les périodes plus fraîches, idéalement entre 21 h et 9 h. Ensuite, revoir la composition des aliments : réduire les protéines brutes et les fibres — qui produisent plus de chaleur lors de la digestion — et augmenter l'apport en matières grasses. Certains additifs comme la vitamine E, la bétaïne ou le bicarbonate de sodium peuvent aussi aider à contrer les effets métaboliques du stress thermique.
Pour les producteurs, ces ajustements sont concrets et applicables dès maintenant. Les changements alimentaires sont plus efficaces lorsqu'ils sont planifiés à l'avance, avant les grandes chaleurs estivales.
De meilleurs outils pour comparer des porcs à des poids différents
Les porcs canadiens sont de plus en plus lourds. Le poids moyen des carcasses est passé de 86 kg en 1999 à plus de 103 kg en 2019. Cela pose un défi : comment comparer équitablement des animaux mesurés à des poids et des âges très différents? Des chercheurs du Centre canadien pour l'amélioration des porcs (CCAP) et du Centre de développement du porc du Québec ont travaillé avec près de 2 000 porcs de race pure (Duroc, Yorkshire et Landrace) dans le cadre de 13 essais en ferme. Ils ont mesuré le poids, l'épaisseur de lard, la profondeur du muscle et le gras intramusculaire à répétition, de 30 à 160 kg. L'équipe a testé plusieurs modèles mathématiques pour prédire les mesures d'un porc à un poids standardisé. Un modèle de croissance en courbe (l'équation de Gompertz) a surpassé les anciennes méthodes linéaires, surtout pour les animaux plus lourds. Les chercheurs ont également proposé une approche d'apprentissage automatique qui s'améliore au fil du temps, à mesure que la base de données s'enrichit.