Température en élevage porcin : et si on laissait les animaux dicter le thermostat?
Le chauffage représente l'un des postes de dépenses énergétiques les plus lourds dans les bâtiments porcins. Des chercheurs du Prairie Swine Centre soulèvent aujourd'hui une question qui mérite réflexion : surchauffons-nous nos élevages sans réelle nécessité?
Les premiers résultats d'une étude en cours sont révélateurs. Des truies gestantes maintenues à 8 °C ont affiché le même poids corporel et la même température corporelle que leurs congénères élevées à la norme habituelle de 16,5 °C — tout en consommant près de 52 % moins d'énergie. Du côté des porcs en croissance-finition, ceux-ci ont manifesté le plus grand intérêt pour le système de chauffage lorsque la température oscillait entre 10 °C et 13,5 °C, ce qui laisse supposer que cette plage constitue leur véritable zone de confort thermique.
Pour les producteurs, les implications sont potentiellement importantes. Si les mises à jour des recommandations de température se confirment à l'issue des quatre phases de l'étude, abaisser le thermostat pourrait significativement alléger la facture énergétique — sans pour autant nuire à la santé ni aux performances des animaux.
Guide 'Quality of Life' - Utilisation de l'enrichissement
Garder vos porcs stimulés — mentalement et physiquement — n'est pas qu'une question de bien-être animal. C'est aussi un levier concret pour améliorer vos performances et réduire les comportements coûteux comme la caudophagie et l'agressivité.
Ce guide du Prairie Swine Centre fait le point sur les options d'enrichissement à chaque stade de production. Le constat des chercheurs est sans équivoque : choisir le bon enrichissement au bon moment fait une réelle différence. La paille demeure le premier choix pour la majorité des phases, mais les besoins varient selon le stade. Les matériaux de nidification sont particulièrement bénéfiques pour les truies en maternité; la corde et la toile de jute conviennent bien aux porcelets et aux animaux en pouponnière; les râteliers garnis de paille donnent de bons résultats pour les porcs en croissance et les truies gestantes.
Et les coûts? Étonnamment bas. Une chaîne avec corde de coton revient à environ 0,65 $ par porc par année. La toile de jute en pré-maternité, quant à elle, génère 3 $ pour chaque dollar investi, grâce à une meilleure survie des porcelets.
Le message est simple : faites tourner vos enrichissements régulièrement, adaptez-les au stade de vie de vos animaux, et n'attendez pas d'avoir un problème pour agir. Parfois, une simple corde ou un carré de toile de jute suffit à changer l'ambiance dans un bâtiment — et votre bilan aussi.
Fibres et santé intestinale : peut-on aider les porcelets à mieux tolérer les régimes riches en protéines?
Des niveaux élevés de protéines indigestibles dans l'alimentation peuvent irriter la muqueuse intestinale des porcs et compromettre leurs performances. Des chercheurs ont voulu déterminer si l'ajout de fibres fermentescibles à la ration pouvait atténuer ces effets.
Une équipe du Prairie Swine Centre a soumis des porcs en croissance à des rations combinant différents niveaux de fibres et des concentrations élevées de protéines indigestibles. Les chercheurs ont évalué les performances de croissance, les marqueurs de santé intestinale ainsi que l'inflammation de la muqueuse.
L'ajout de fibres a amélioré certains indicateurs de santé intestinale, sans toutefois protéger pleinement les animaux. Les performances de croissance sont demeurées affectées, et l'inflammation intestinale est restée préoccupante aux niveaux élevés de protéines.
Pour les producteurs, cette recherche rappelle que la qualité des ingrédients alimentaires est importante, en particulier la digestibilité des protéines. Si les fibres peuvent apporter un soutien à la santé intestinale, elles ne sauraient compenser le recours à des sources protéiques de piètre qualité. Miser sur des ingrédients bien digestibles reste, à long terme, la stratégie la plus efficace — et la plus économique.
Diminuer les GES par l’amélioration de l’efficacité alimentaire, c’est payant !
Améliorer l'efficacité alimentaire, c'est bon pour votre portefeuille et la planète
La production d'aliments représente la majorité des émissions de gaz à effet de serre (GES) en production porcine. L'agronome Sébastien Turcotte du CDPQ démontre que plusieurs ajustements simples peuvent réduire ces émissions tout en améliorant la rentabilité.
Améliorer la conversion alimentaire (CA) de seulement 0,1 point représente une économie de 5,46 $ par porc et une réduction de 9,9 kg de CO₂e. Un meilleur gain moyen quotidien (GMQ) de 100 g/jour génère 3,54 $ de marge supplémentaire et réduit les émissions de 34 kg CO₂e par porc. Des gestes concrets comme bien ajuster les trémies, faire un jeûne adéquat avant l'abattage et utiliser Improvest chez les mâles amplifient ces gains.
Pour les producteurs, ces améliorations sont accessibles dès maintenant — et la génétique continuera de faire progresser l'efficacité alimentaire de 0,02 à 0,04 point par année.
Vos distributeurs en savent plus que vous ne le pensez : exploiter les données des distributeurs pour comprendre le comportement social des porcs
Les porcs élevés en groupe établissent des hiérarchies sociales qui influencent la croissance et l'efficacité alimentaire du troupeau. Les animaux dominants dépensent souvent beaucoup d'énergie dans des interactions agressives, ce qui nuit à leur propre efficacité et stresse leurs congénères. Des chercheurs du Centre canadien pour l'amélioration des porcs, de l'Université Laval et du Centre de développement du porc du Québec ont analysé plus de 18 millions de visites aux mangeoires dans cinq élevages canadiens de porcs de race pure, en utilisant l'analyse de réseaux sociaux pour développer de nouveaux indicateurs de comportement agressif à partir des données des automates d'alimentation. Les porcs fréquemment impliqués dans des déplacements à la mangeoire affichaient une moins bonne croissance et une moins bonne efficacité alimentaire. Les parcs avec une hiérarchie sociale plus stable obtenaient de meilleures performances. Les caractères de comportement alimentaire et social présentaient une héritabilité modérée à élevée (7 à 59 %), ce qui indique qu'ils pourraient être améliorés par la sélection génétique. Vos automates d'alimentation captent peut-être déjà des dynamiques sociales nuisant aux performances de vos parcs. À l'avenir, ces résultats pourraient aider les sélectionneurs à choisir des animaux plus calmes et plus efficaces, réduisant ainsi l'agressivité, améliorant le bien-être animal et protégeant votre rentabilité.
Utilisation de l'eau lors du lavage des salles
Réduire la consommation d'eau lors du lavage des salles d'élevage
Le lavage des salles est une étape essentielle pour maintenir la santé du troupeau — mais il peut consommer beaucoup d'eau. Des chercheurs ont identifié plusieurs façons simples de réduire cette consommation sans compromettre la propreté des installations.
Le choix de la buse, la pression, la température de l'eau et la vitesse de passage influencent tous la quantité d'eau utilisée. Par exemple, combiner l'eau chaude et une buse rotative permet de réduire la consommation d'eau de 31 % et le temps de lavage de 24 %. Les matériaux lisses comme le plastique ou l'acier inoxydable sont aussi plus faciles à nettoyer que le béton poreux.
Pour les producteurs, des outils simples comme le luminomètre (méthode ATP) permettent de mesurer objectivement le niveau de propreté des salles — au-delà de la simple évaluation visuelle.
Logement en groupe pour vos truies : quel système choisir?
Passer au logement en groupe, c'est un investissement majeur — et entre les différentes options disponibles, il n'est pas toujours facile de s'y retrouver. L'arbre décisionnel du Prairie Swine Centre est conçu pour vous aider à faire le bon choix pour votre exploitation.
Première question à vous poser : rénover un bâtiment existant ou construire à neuf? La réponse détermine d'emblée quelles options sont réalistes pour vous. Vient ensuite le choix central : un système d'alimentation compétitif ou non compétitif?
Si votre budget est serré et que vos groupes sont petits et homogènes — autour de 10 à 20 truies — les systèmes compétitifs comme l'alimentation au sol ou les loges courtes peuvent faire l'affaire. Sachez toutefois que vous devrez gérer davantage d'agressivité entre les animaux, une plus grande variabilité de condition corporelle et des pertes alimentaires plus élevées.
Si vous visez une meilleure uniformité de troupeau, moins de gaspillage et une efficacité accrue sur le long terme, les systèmes non compétitifs — stalles à accès libre ou alimentation électronique des truies (AET) — sont généralement le meilleur investissement, malgré des coûts de départ plus élevés.
Avant de vous décider, posez-vous trois questions : Quel est mon budget réel? Qu'est-ce que mon bâtiment permet? Quel style de gestion me convient? L'arbre décisionnel du Prairie Swine Centre vous guidera à partir de là.
Guide de l'alimentation de transition (creep feeding)
Le sevrage est stressant pour les porcelets, et de nombreux producteurs utilisent l'aliment d'allaitement — un aliment solide offert avant le sevrage — pour faciliter cette transition. Mais avec un coût pouvant atteindre 1 800 $ la tonne, est-ce vraiment rentable?
Les recherches donnent des résultats mitigés. Moins de 60 % des porcelets d'une portée consomment généralement l'aliment d'allaitement, et environ la moitié des études ne trouvent aucun bénéfice mesurable. Les gains les plus importants surviennent lorsque les porcelets sont sevrés à 28 jours ou plus, et lorsque l'aliment de transition ressemble beaucoup à la ration de pouponnière.
Quelques changements simples et peu coûteux peuvent faire une réelle différence : utilisez un distributeur rond avec trémie, prévoyez 5 à 8 espaces d'accès par portée, placez le distributeur près de la tête de la truie, et essayez des granulés plus gros (~12 mm). Ajouter de la corde ou de la toile de jute pour créer un « distributeur jouet » peut également améliorer la santé et les performances en post-sevrage.
En cas de sevrage à 21 jours, envisagez de ne pas acheter d'aliment d'allaitement spécialisé et offrez simplement votre ration de phase 1 de pouponnière dans les 3 à 7 derniers jours avant le sevrage.
Vos abreuvoirs vous coûtent-ils plus cher que vous ne le pensez?
L'eau est le nutriment le plus essentiel dans votre élevage — et pourtant, c'est souvent celui auquel on prête le moins attention. Cette négligence peut coûter bien plus cher qu'on ne l'imagine.
Des chercheurs ont audité les pratiques de gestion de l'eau dans 24 fermes canadiennes, à tous les stades de production. Résultat : près des deux tiers des abreuvoirs à pipette dans les bâtiments d'engraissement étaient réglés à des débits trop élevés. Dans un bâtiment de 6 000 porcs, des abreuvoirs mal ajustés peuvent gaspiller plus de 30 000 litres d'eau par jour — ce qui représente environ 41 500 $ par année en coûts supplémentaires de gestion du lisier.
La bonne nouvelle? La correction est simple et ne coûte pratiquement rien. Réglez vos abreuvoirs à la hauteur de l'épaule du plus petit porc dans le parc, et visez un débit entre 0,5 et 1,0 litre par minute pour la plupart des stades de production. Et n'oubliez pas de vérifier régulièrement : un débit trop faible est tout aussi problématique qu'un débit trop élevé.
Quelques ajustements simples — et vous pourriez récupérer des milliers de dollars par année.
Comment faire manger vos cochons en été ?
Garder vos cochons au frais cet été : des stratégies simples qui font une différence
Quand il fait chaud, les cochons mangent moins et grossissent moins vite. Sébastien Turcotte, spécialiste en bâtiments et régie d'élevage au CDPQ, rappelle que la ventilation seule ne suffit plus dès que la température extérieure dépasse 22 °C.
La première stratégie : créer un courant d'air directement sur les animaux. Si l'air est trop chaud, il faut mouiller les cochons — l'évaporation de l'eau sur leur peau les refroidit efficacement, même par temps humide. En maternité, le goutte-à-goutte à la base du cou permet de rafraîchir la truie sans mouiller les porcelets.
Côté alimentation, fractionner les repas et décaler les heures d'alimentation vers la nuit peut limiter la baisse de consommation estivale. Profiter de la fraîcheur nocturne pour refroidir le bâtiment peut représenter jusqu'à 3 ou 4 kg de gain de plus par porc.