Débit et hauteur recommandés pour les abreuvoirs à tétine
L'eau est l'un des intrants les plus négligés dans une ferme porcine, et pourtant elle pourrait vous coûter bien plus plus cher que vous ne le pensez.
Des travaux de recherche du Prairie Swine Centre montrent que la hauteur et le débit des abreuvoirs ont un impact direct sur le gaspillage d'eau. Les porcs à l'engraissement gaspillent à eux seuls entre 25 et 40 % de l'eau des abreuvoirs à tétine. Pire encore, environ 65 % des abreuvoirs sur les fermes sont réglés à des débits trop élevés.
Pourtant, la solution ne demande ni grands travaux ni gros budget. Réglez les abreuvoirs à la hauteur de l'épaule du plus petit porc dans le parc, et visez un débit entre 0,5 et 1,0 litre par minute pour la plupart des stades de production. Inspectez-les régulièrement, et remplacez sans tarder tout abreuvoir qui fuit.
Quelques ajustements de hauteur et de débit peuvent réduire considérablement le gaspillage d'eau et alléger votre facture, sans compromettre la santé ni les performances de vos porcs.
Une sélection génétique pour des porcs plus efficaces — sans compromettre la croissance
L'alimentation représente le plus grand coût dans l'élevage porcin, et améliorer l'efficacité alimentaire est donc une priorité. Des chercheurs ont étudié plus de 14 900 porcs Duroc canadiens pour comparer différentes façons de mesurer cette efficacité et comprendre leurs liens avec la croissance et les comportements alimentaires.
Les résultats sont clairs : sélectionner les porcs en fonction de la consommation alimentaire résiduelle (RFI) — une mesure de l'excès d'aliments consommé par rapport aux besoins de croissance — est un meilleur outil que le traditionnel indice de consommation (FCR). Améliorer le FCR peut involontairement favoriser l'accumulation de gras ou réduire le gain quotidien. Le RFI évite ces compromis indésirables.
Les programmes de sélection ciblant des animaux à faible RFI peuvent réduire vos coûts d'alimentation tout en maintenant la croissance et la qualité de la viande.
Lutter contre le SRRP : un traitement simple dans l'eau de boisson pour sauver davantage de porcs
Le virus du SRRP est l’une des maladies les plus coûteuses pour les éleveurs de porcs. Lorsqu’il touche un troupeau de truies, les porcelets fraîchement sevrés tombent souvent malades rapidement — et sans intervention rapide, les taux de mortalité peuvent grimper. Des chercheurs du Québec ont évalué si l’ajout de Tylvalosine (Aivlosin®) à l’eau de boisson pouvait aider les porcelets en pouponnière à surmonter une épidémie naturelle de SRRP. La moitié des porcelets a reçu ce traitement dans l’eau en plus d’un antibiotique alimentaire standard ; l’autre moitié n’a reçu que l’antibiotique alimentaire. Les résultats se sont révélés prometteurs. La mortalité en pouponnière est passée de 10 % à 4 % chez les porcs traités, et moins de porcs ont eu besoin d'injections individuelles d'antibiotiques. Les taux de survie de la pouponnière à la mise en marché se sont également améliorés de manière significative. Pour les éleveurs confrontés au SRRP, l'ajout de Tylvalosine à l'eau de boisson pourrait constituer un outil pratique et simple pour réduire les pertes et limiter les traitements par injection, sans affecter le gain quotidien et l'efficacité alimentaire.
Suppléments vitaminiques chez les truies gestantes : les résultats sont-ils au rendez-vous?
Augmenter les apports en vitamines pendant la gestation pour améliorer la taille des portées et la vitalité des porcelets — l'idée est séduisante, surtout quand la survie des porcelets reste un défi quotidien. Mais est-ce que ça fonctionne vraiment?
Des chercheurs ont suivi 66 truies et cochettes réparties en deux groupes — alimentation standard ou enrichie en vitamines — sur deux cycles de reproduction complets. Ils ont mesuré la taille de portée, le poids des porcelets à la naissance et les niveaux d'immunité.
Le verdict : aucune différence constante n'a été observée entre les deux groupes. Quelques variations mineures sont apparues d'un cycle à l'autre, mais rien de suffisamment fiable pour justifier un changement de pratique.
Pour les producteurs, le message est rassurant : les niveaux de vitamines recommandés par l'industrie semblent faire le travail. Inutile d'investir dans des prémix plus concentrés en espérant un gain de performance qui ne s'est pas concrétisé. Les chercheurs recommandent néanmoins de poursuivre les travaux, notamment pour mieux comprendre l'effet des vitamines sur l'ensemble de la gestation et de la lactation.
Vos stations d’alimentation en savent plus que vous ne le pensez !
Vos stations d'alimentation peuvent prédire le début de la mise-bas
Bien gérer les mises-bas, c'est crucial pour la survie des porcelets et le bien-être des truies. Des chercheurs du CDPQ ont découvert que les données déjà collectées par les stations d'alimentation électroniques pourraient prédire le début d'une mise-bas jusqu'à huit heures à l'avance.
En analysant plus de 1 900 mises-bas à l'aide de l'intelligence artificielle, l'algorithme a correctement prédit si une mise-bas était imminente dans 87 % des cas — sans aucun capteur supplémentaire.
Pour les producteurs, les applications sont concrètes : mieux planifier la présence du personnel, éviter des injections inutiles pour déclencher la parturition, et activer automatiquement les équipements de confort des porcelets au bon moment. Des essais en fermes commerciales sont prévus prochainement.
Traitement antibiotique dans l’eau pour les porcelets en pouponnière exposés au virus du SRRP
Un traitement dans l'eau réduit la mortalité des porcelets en pouponnière exposés au SRRP
Une récente étude du CDPQ démontre que l'ajout de Tylvalosine (Aivlosin®) dans l'eau de boisson améliore significativement l'état de santé des porcelets récemment exposés au virus du SRRP. La mortalité a chuté de 13 % à 6 %, et beaucoup moins de porcelets ont nécessité des injections individuelles d'antibiotiques. La croissance et la conversion alimentaire sont demeurées similaires entre les groupes, ce qui signifie que le traitement a apporté de réels bénéfices sans nuire aux performances.
Pour les producteurs aux prises avec une éclosion de SRRP dans leur troupeau de truies, c'est une bonne nouvelle. Une stratégie antibiotique ciblée par l'eau peut réduire considérablement les pertes en pouponnière durant l'une des périodes les plus critiques de la production.
Points à retenir :
- La mortalité a été réduite de moitié (13 % contre 6 %) grâce au traitement dans l'eau
- Les interventions antibiotiques individuelles ont diminué de 5,1 à 1,7 par enclos
- Cette approche s'adresse spécifiquement aux porcelets naïfs récemment exposés au virus, et ne devrait pas être appliquée à l'ensemble des porcelets en pouponnière
Pour les producteurs porcins, cette recherche confirme qu'un protocole de traitement ciblé et bien planifié peut faire une réelle différence sur la survie des porcelets lors d'une éclosion de SRRP. Consultez votre vétérinaire pour déterminer si cette approche convient à votre situation.
Le bon enrichissement au bon moment : un guide pour chaque étape de la production
Stimuler vos porcs, c'est bien — mais ce qui fonctionne en maternité ne donnera pas les mêmes résultats en engraissement. L'ennui et le stress se manifestent différemment selon l'âge et le stade de production, et les solutions doivent suivre.
Des chercheurs du Prairie Swine Centre ont recensé les préférences en matière d'enrichissement à tous les stades de production, des truies en maternité jusqu'aux porcs à l'engraissement. Leur conclusion est claire : adapter l'enrichissement au stade de vie de l'animal fait une réelle différence, tant pour le bien-être que pour les performances.
La paille reste le choix de référence pour la majorité des stades — mais les détails comptent. Les matériaux de nidification facilitent la mise bas et calment les truies en maternité. La corde et la toile de jute répondent bien aux besoins des porcelets et des animaux en pouponnière. Pour les porcs en croissance et les truies gestantes, les râteliers garnis de paille ou de compost donnent de bons résultats.
Bonne nouvelle : ces solutions sont simples à mettre en place et peu coûteuses. Corde, toile de jute ou paille — quelques ajouts ciblés peuvent suffire à réduire la caudophagie, l'agressivité et le stress dans votre bâtiment, dès aujourd'hui.
Le seigle hybride pour réduire les impacts environnementaux de l'élevage porcin
Le seigle hybride : un avantage pour les producteurs de porc québécois et l'environnement
La production d'aliments — surtout le maïs — représente plus de la moitié de l'empreinte environnementale du porc québécois. Des chercheurs de l'Université Laval ont voulu savoir si remplacer le maïs par du seigle hybride cultivé localement pourrait réduire cet impact, sans nuire aux performances des porcs.
À l'aide d'une analyse du cycle de vie (ACV), ils ont mesuré l'impact environnemental de rations où 25 % ou 50 % du maïs était remplacé par du seigle hybride pour des porcs en finition. Les performances de croissance ont été considérées comme équivalentes, ce qui est cohérent avec les recherches existantes.
Remplacer 50 % du maïs par du seigle a réduit les émissions de gaz à effet de serre jusqu'à 12 %, et diminué la pollution des eaux douces par les nutriments jusqu'à 77 % en tenant compte des bénéfices de la rotation des cultures. La seule contrepartie : une légère augmentation de l'utilisation des terres, en raison du rendement inférieur du seigle par rapport au maïs.
Pour les producteurs, c'est une bonne nouvelle. Le seigle hybride est bien adapté à nos conditions agricoles, nécessite moins de pesticides et améliore la santé des sols. Les chiffres sont aussi encourageants côté économique — les producteurs de grains qui adoptent une rotation maïs-soya-seigle peuvent voir leur rentabilité augmenter dès le deuxième cycle de rotation.
La génétique du verrat influence la survie des porcelets
Perdre des porcelets — de la mise bas au marché — coûte cher et soulève des préoccupations en matière de bien-être. Des chercheurs de l'Université Dalhousie et du Centre canadien d'amélioration des porcs ont voulu savoir : le choix du verrat reproducteur influence-t-il la survie?
En analysant près de 10 000 portées de porcs Landrace canadiens, ils ont constaté que oui — la génétique du verrat a un effet sur la survie, quoique modeste. Les meilleurs verrats produisaient environ 3 à 4 porcelets vivants de plus par portée que les moins bons.
L'effet génétique est réel mais limité. La sélection génomique — utilisant des marqueurs ADN — pourrait offrir de plus grands gains. Pour les producteurs, cela rappelle que le choix du verrat compte bien au-delà de la croissance et du rendement en viande.
Des nanoparticules pour contrôler le DON ?
Le déoxynivalénol (DON) — une mycotoxine nocive fréquemment présente dans les céréales — est un vrai casse-tête pour les producteurs de porcs canadiens. Les solutions pour l'éliminer de la moulée sont limitées, coûteuses ou peu efficaces.
Des chercheurs de l'Université de la Saskatchewan et du Prairie Swine Centre ont testé un nouveau matériau appelé oxyde de graphène magnétique (MGO) — de minuscules particules capables de lier et d'éliminer le DON dans le blé, l'orge et le maïs. Ils ont optimisé les conditions de traitement pour chaque type de céréale, puis ont testé l'alimentation traitée au MGO sur des porcelets en pouponnière.
Le MGO a permis de réduire les niveaux de DON dans les trois céréales. Les porcs nourris avec l'alimentation traitée au MGO n'ont montré aucune réduction de leur croissance ou de l'absorption des nutriments, comparativement aux porcs non traités.
Il s'agit d'une recherche prometteuse à un stade précoce. Le MGO n'est pas encore prêt pour une utilisation à la ferme, mais il pourrait éventuellement offrir aux producteurs un moyen sûr et efficace de valoriser des céréales contaminées au DON, réduisant ainsi les coûts d'alimentation tout en protégeant la santé des porcs.