Santé animale, Bien-être animal, Environnement & durabilité

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Swine Innovation Porc
Swine Innovation Porc

Les éleveurs en ont assez des maladies porcines, et vu leur impact sur la production et les performances, on ne peut pas leur en vouloir. 

Deux des maladies les plus redoutables à l'heure actuelle illustrent parfaitement les conséquences désastreuses de ces fléaux.  

Le PEDV provoque des vomissements, une déshydratation, une anorexie et de la diarrhée, entraînant une mortalité de près de 100 % chez les porcelets allaités. Bien que ses effets soient moins graves chez les truies, il peut nuire à leur rendement, ce qui entraîne des pertes économiques pour les producteurs. 

Le PDCoV est un autre virus hautement infectieux. Tout comme le PEDV, il provoque une diarrhée sévère, une déshydratation et peut même entraîner la mort, touchant les porcs de tous âges. Les signes cliniques de ces deux affections peuvent être difficiles à détecter en phase de finition, car leurs symptômes sont souvent attribués à un changement d'alimentation, à une iléite ou à une colite. 

Ensemble, ces deux maladies constituent une menace importante pour le secteur, nuisant à la santé des porcs, au bien-être animal et aux revenus des producteurs. Les estimations des pertes économiques liées au PEDV à lui seul s’élèvent à 300 000 dollars US par an pour une exploitation moyenne. 

Dans la lutte contre les virus, l’une des principales armes est le vaccin. Bien que les vaccins soient complexes et techniques, l’essentiel est simple : ils fonctionnent. Il est essentiel de développer des vaccins efficaces pour protéger les porcs contre les maladies. C’est pourquoi Swine Innovation Porc (SIP) finance un projet visant à soutenir cet effort : « Développement d’un vaccin bivalent contre le virus de la diarrhée épidémique porcine (PEDV) et le deltacoronavirus porcin (PDCoV) ».  

Cette étude s’inscrit dans le cadre du récent appel à propositions lancé par SIP pour répondre aux principaux défis auxquels le secteur porcin est confronté aujourd’hui. Les priorités de recherche ont été définies en collaboration avec les organisations provinciales du secteur porcin et les acteurs de l’industrie, afin de garantir que l’appel à propositions reflète ce qui importe le plus au secteur. 

En réponse, ce projet mettra au point un vaccin sous-unitaire offrant une protection efficace contre ces deux virus.  

Les vaccins sous-unitaires entraînent le système immunitaire en ne présentant que des composants spécifiques et purifiés d’un agent pathogène, tels que des protéines ou des sucres. Ces composants sont sélectionnés car ils sont reconnus par les défenses de l’organisme et peuvent déclencher une réponse protectrice. Au lieu d’exposer le système immunitaire à l’organisme pathogène dans son intégralité, cette approche cible une caractéristique spécifique de l’agent pathogène. Cela permet au système immunitaire d’apprendre à identifier et à combattre une menace sans être confronté à l’agent pathogène dans son ensemble. 

« J'ai toujours eu à cœur de protéger l'industrie porcine contre les maladies, c'est pourquoi je reste vigilant en permanence », explique le Dr Qiang Liu, chercheur principal à l'Organisation pour les vaccins et les maladies infectieuses (VIDO) de l'Université de Saskatchewan. « Je consulte chaque mois les rapports de surveillance sanitaire d'Ontario Pork, et j'ai remarqué que le nombre de cas augmentait régulièrement, tant pour le PEDV que pour le PDCoV. »  

Bien que le renforcement des mesures de biosécurité permette dans une certaine mesure de contenir la propagation du virus, cette approche n’a pas permis d’éradiquer la maladie, ce qui fait de la mise à disposition de vaccins efficaces la solution ultime. De plus, de nouveaux variants pourraient apparaître, comme l’a démontré la pandémie de SARS-CoV-2. 

Tout comme le timing est crucial pour contenir un virus lorsqu’il touche une porcherie, le lancement de cette étude arrive à point nommé pour les producteurs. 

« Le paysage vaccinal actuel pour ces deux maladies est sombre », déclare le Dr Liu. « Le vaccin existant contre le PEDV n’offre pas une protection complète, et il n’existe aucun vaccin homologué contre le PDCoV. Je ne trouve aucune recherche sur un vaccin bivalent non plus, ce qui fait de ce projet une initiative novatrice. » 

Comme le PDCoV est plus bénin que le PEDV, le Dr Liu pense que les gens ne le prennent peut-être pas suffisamment au sérieux, mais il note que les taux de co-infection et les conséquences de la maladie pour les deux sont pires qu’on ne le pensait initialement. 

Comme toute bonne recherche scientifique, cette étude évoluera par étapes pour mettre au point un vaccin bivalent, en passant systématiquement des souris aux porcelets, puis aux truies. 

« Nous commencerons par des essais sur des souris et des porcelets afin de trouver la meilleure formulation vaccinale avant de passer aux essais sur les truies », explique le Dr Liu. « Après avoir vacciné les truies, nous prélèverons 12 porcelets nouveau-nés sur chaque truie et les exposerons aux deux virus. Ce faisant, nous pourrons évaluer le niveau de protection conféré par le vaccin. » 

Afin de garantir que la version finale du vaccin soit mise à la disposition de l’industrie, les chercheurs collaborent avec des fabricants potentiels en partageant leurs résultats et leur technologie.  

La recherche sur les vaccins comporte de nombreux défis, car trouver une formulation qui suscite une forte réponse immunitaire n’est pas une tâche aisée. Mais compte tenu des nombreux avantages potentiels d’une telle initiative, notamment l’amélioration du bien-être animal, une meilleure santé mentale pour les travailleurs des élevages et une plus grande confiance des consommateurs, le Dr Liu est enthousiasmé par ces perspectives. 

« On l’oublie parfois, mais un vaccin efficace contre le PEDV et le PDCoV profite également à l’environnement », explique-t-il. « Comme ces deux virus entraînent une augmentation des besoins alimentaires et énergétiques des truies, ils augmentent les émissions de gaz à effet de serre par unité de viande de porc. » 

La durée de trois ans de cette étude ne permettra pas de tester le vaccin en ferme, mais cela reste un objectif clé compte tenu des enjeux. 

« Pour chiffrer l’épidémie de PEDV de 2013-2014 aux États-Unis, où 10 % de la population porcine a été perdue, cela représenterait entre 900 millions et 1,8 milliard de dollars », explique le Dr Liu. « Si nous pouvons contribuer à réduire ces chiffres, nous aurons fait notre travail. »