Santé animale, Production et gestion, Environnement et développement durable

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Swine Innovation Porc
Innovation porcine Porc

Ce webinaire présente différentes approches visant à prévenir les maladies et à favoriser une utilisation responsable des antimicrobiens.

Les maladies peuvent affecter presque tous les aspects de la production porcine, notamment la santé animale, la croissance, l’efficacité alimentaire, la mortalité, les coûts de traitement et la valeur marchande des porcs. Il est donc important de réduire la pression pathogène non seulement pour protéger la santé et la productivité du cheptel, mais aussi pour favoriser une utilisation responsable des antimicrobiens.

Swine Innovation Porc a récemment organisé un webinaire national consacré à l'examen des risques sanitaires et à la prévention des maladies dans les systèmes modernes d'élevage porcin. Ce webinaire comprenait des présentations du Dr Vahab Farzan, de l'Ontario Veterinary College, et du Dr Gustavo Silva, de l'Iowa State University.

Ces exposés ont abordé à la fois un problème sanitaire spécifique et coûteux, à savoir la diarrhée post-sevrage, et le rôle plus général de la surveillance, de la biosécurité et de l'évaluation des risques dans la prévention des maladies.

Comprendre la diarrhée post-sevrage

Le Dr Farzan a présenté les résultats d’un projet de recherche du Swine Cluster 4 portant sur la diarrhée post-sevrage dans les élevages porcins canadiens.

La diarrhée post-sevrage peut entraîner une déshydratation, un faible gain de poids, une baisse des performances et la mortalité. Elle est le plus souvent associée à E. coli entérotoxigène (ETEC), mais la maladie est influencée par plusieurs facteurs qui interagissent, notamment la souche bactérienne, l’état immunitaire et la génétique du porc, son microbiome intestinal et l’environnement de l’exploitation.

Cette recherche vise à déterminer quelles souches d’ETEC sont à l’origine de la diarrhée post-sevrage dans les élevages canadiens, à quelle fréquence les porcs sont génétiquement prédisposés à ces infections, et comment le microbiote intestinal peut influencer le développement de la maladie.

Ces résultats pourraient contribuer au développement de vaccins plus ciblés, à la sélection génétique visant la résistance aux maladies et à la mise au point de probiotiques favorisant une meilleure santé intestinale.

L’une des principales conclusions de la présentation était que la diarrhée post-sevrage ne constitue pas un problème sanitaire unique et uniforme. Différentes souches d’E. coli peuvent être présentes selon les provinces et les exploitations, ce qui signifie que les stratégies de prévention devront peut-être être adaptées aux agents pathogènes et aux risques identifiés dans chaque exploitation.

La lutte contre cette maladie nécessitera probablement une combinaison d’approches plutôt qu’une solution universelle.

Adopter une approche systémique de la prévention des maladies

Le Dr Silva a élargi la discussion en examinant la prévention des maladies dans une perspective plus large du système de production.

Le coût de la maladie va bien au-delà du simple traitement. La maladie peut réduire les taux de croissance et l’efficacité alimentaire, augmenter la mortalité et les écarts de poids entre les porcs, et entraîner une augmentation du nombre d’animaux ne répondant pas aux critères de poids de commercialisation souhaités. Ces impacts peuvent s’aggraver encore davantage lorsque plusieurs agents pathogènes sont présents simultanément.

Les maladies se développent par le biais d’interactions entre l’agent pathogène, l’animal et l’environnement. Une prévention efficace exige donc que les éleveurs et les vétérinaires comprennent comment les agents pathogènes pénètrent dans une exploitation, comment ils se propagent au sein du système de production, et où se situent les risques les plus importants.

Le Dr Silva a souligné que la biosécurité, le suivi, la surveillance et les interventions ciblées ont tous un rôle à jouer. La biosécurité constitue le fondement de cette approche en réduisant le risque que des agents pathogènes pénètrent dans un troupeau ou y circulent. Des mesures telles que la quarantaine, l’assainissement, le contrôle des accès et la gestion rigoureuse des déplacements des animaux, des personnes et du matériel peuvent toutes contribuer à réduire ce risque.

Le suivi et la surveillance permettent ensuite d’identifier les agents pathogènes présents et leurs modes de propagation. Cela permet aux éleveurs et aux vétérinaires de prendre des décisions plus éclairées concernant les vaccins, les médicaments et les autres mesures de lutte.

Leçons tirées du SDRP

Le Dr Silva a pris l’exemple du syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SRRP) pour illustrer la complexité de la prévention des maladies.

Le SDRP peut se propager rapidement, interagir avec d’autres agents pathogènes viraux et bactériens, et aggraver la gravité des maladies respiratoires. Les vaccins peuvent contribuer à la gestion de la maladie, mais n’offrent qu’une protection partielle, ce qui rend la biosécurité, la surveillance et la stabilisation du troupeau particulièrement importantes.

La présence du SDRP peut également accroître le risque d’infections secondaires et le recours aux traitements antibiotiques. La maîtrise des maladies primaires peut donc contribuer à réduire l’utilisation des antimicrobiens en diminuant le nombre et la gravité des infections nécessitant un traitement.

Cela renforce le lien important qui existe entre la prévention des maladies et la gestion responsable des antimicrobiens. Réduire l’utilisation des antimicrobiens ne se résume pas simplement à traiter moins d’animaux. Cela passe également par l’amélioration de la santé du cheptel, afin de limiter d’emblée le recours aux traitements.

Points clés à retenir

Les deux présentations ont souligné que la prévention des maladies est plus efficace lorsqu’elle tient compte des agents pathogènes et des risques spécifiques à chaque exploitation. Aucune intervention isolée ne permet de répondre à tous les défis sanitaires. La biosécurité et la surveillance constituent la base, tandis que les vaccins, la génétique, les probiotiques, les médicaments et d’autres outils peuvent être utilisés plus efficacement lorsqu’ils s’inscrivent dans une stratégie coordonnée.

Le webinaire a également mis en évidence le lien étroit entre la lutte contre les maladies, la productivité et la gestion responsable des antimicrobiens. En réduisant la pression pathogène, les éleveurs peuvent améliorer la santé et les performances de leurs porcs tout en diminuant le recours aux traitements.

Dans l’ensemble, cette session a démontré qu’une prévention efficace des maladies nécessite à la fois une connaissance approfondie des agents pathogènes individuels et une compréhension plus large de la manière dont les maladies se propagent au sein des systèmes de production.