Alimentation et nutrition, Environnement et développement durable, Santé animale

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Swine Innovation Porc
Swine Innovation Porc

Quand vient le temps de nourrir vos animaux, oubliez la belle nappe et le repas gastronomique.

Pour soutenir leur croissance et leur bien-être, les porcs ont besoin d’une ration équilibrée et nutritive. Pour les producteurs, le défi consiste à répondre à leurs besoins sans faire grimper les coûts de moulée. Compte tenu du coût de la moulée et des volumes nécessaires à la ferme, particulièrement pour les porcs en croissance-finition, les scientifiques ont exploré de nouvelles avenues pour diversifier l'approvisionnement en ingrédients et tirer le maximum des nutriments dans les rations porcines.

La croissance démographique mondiale et les changements climatiques transforment le contexte de la production alimentaire. Ce contexte accentue la nécessité de diversifier les sources de protéines et de matières grasses utilisées en alimentation porcine. Pour offrir aux producteurs le meilleur rendement sur leur investissement en alimentation, ces ingrédients doivent être de grande qualité et permettre d'optimiser les performances des porcs.

Prendre le pouls des légumineuses

Dans cette optique, les chercheurs se sont concentrés sur quelques axes clés. Ils ont d'abord cherché à caractériser la teneur en nutriments des légumineuses à grains cultivées au Canada, qui suscitent de l'intérêt comme solutions de remplacement dans les rations porcines actuelles. Ces légumineuses comprenaient deux variétés de pois des champs, ainsi que des lentilles, des pois chiches et des féveroles. Ils voulaient aussi comprendre comment la granulation et l'extrusion, dans différentes conditions, influent sur la teneur en nutriments des ingrédients.

La granulation consiste à transformer une moulée finement broyée en granules denses qui s’écoulent facilement. Ce procédé facilite la manutention de la moulée, réduit le gaspillage et peut soutenir de bonnes performances. Des recherches ont montré que la granulation peut améliorer l’efficacité alimentaire d’environ 7 %.

L’extrusion consiste à soumettre un ingrédient à l’action combinée de la chaleur, de l’humidité et de la pression. Ce procédé peut améliorer la digestibilité de l’énergie et des protéines chez les porcs. Le traitement thermique peut aussi prolonger la durée de conservation des légumineuses en réduisant leur teneur en eau. 

Les acides aminés à la rescousse

Le projet a également mesuré la digestibilité des acides aminés dans les féveroles, les lentilles et les pois des champs jaunes. Comme les porcs ne peuvent pas synthétiser tous les acides aminés dont ils ont besoin, une partie doit leur être fournie par la ration.

Au terme de ces travaux, les chercheurs disposent maintenant de suffisamment de données nutritionnelles sur les pois des champs, les lentilles, les pois chiches et les féveroles cultivés au Canada pour que ces ingrédients puissent être envisagés dans les rations porcines.

Oser la différence

Les légumineuses sont riches en macronutriments et en micronutriments, mais l'étude a noté que les cultivars diffèrent par leur profil nutritionnel et par leur réponse aux procédés de transformation. Dans l’ensemble, les procédés évalués n’ont toutefois pas eu d’effets négatifs marqués sur la teneur en nutriments des légumineuses, notamment sur leur teneur en protéines et en acides aminés.

Les résultats montrent également que les nutritionnistes ne devraient pas présumer qu’un procédé aura le même effet sur toutes les légumineuses. Les résultats obtenus avec une espèce ou une variété ne peuvent pas nécessairement être appliqués à une autre.

Quant aux producteurs de porcs, ces données pourraient élargir l’éventail d’ingrédients nutritifs et abordables pouvant être utilisés dans les rations porcines. Ils peuvent aussi envisager différents procédés, comme l'extrusion, pour améliorer la digestibilité et la disponibilité des nutriments.

Les équipes à l'œuvre

Trois personnes ont piloté ce projet : la Dre Kate Shoveller, professeure au Département des biosciences animales de l'Université de Guelph; le Dr Dan Columbus, chercheur en nutrition au Prairie Swine Centre (PSC) de Saskatoon et professeur associé au Département des sciences animales et avicoles de l'Université de la Saskatchewan; et Cara Cargo-Froom, doctorante à l'époque et aujourd'hui chercheuse postdoctorale à l'Université de Guelph.

D'autres spécialistes ont joué un rôle clé : le Dr Rex Newkirk, professeur agrégé au Département des sciences animales et avicoles de l'Université de la Saskatchewan; le Dr Yongfeng Ai, professeur agrégé en sciences des aliments et des bioproduits à l'Université de la Saskatchewan; le Dr Olufemi Babatunde, chercheur postdoctoral en physiologie nutritionnelle au PSC; et le Dr Chris Marinangeli, autrefois directeur, nutrition, science et affaires réglementaires chez Pulse Canada, et aujourd'hui directeur principal, recherche et affaires réglementaires au sein de la même organisation.

Les scientifiques peuvent maintenant tirer des conclusions générales sur les variations de nutriments entre légumineuses ou au sein d'une même catégorie, par exemple entre les haricots, mais il reste du travail à faire. Comprendre comment la transformation agit sur chaque catégorie de légumineuses, et sur les variétés au sein d'une même catégorie, fournirait un éclairage précieux sur les variétés qui présentent le plus d'intérêt.

Dans le cadre de son programme en cours, la Dre Shoveller continuera de rechercher des sources de protéines de qualité pour les porcs, les chiens, les chats et les chevaux.

A pig eating at a feeder
  • Article tiré du projet de la Grappe Porcine 3 : Réduction du coût de l'alimentation et de l'empreinte environnementale et amélioration de la compétitivité mondiale de la production porcine canadienne

  • Responsable du projet : Dre Kate Shoveller (Université de Guelph)